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 ♒ kill your darlings.

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THE KIDS AREN'T ALRIGHT


✰ messages : 6

MessageSujet: ♒ kill your darlings.   Jeu 23 Juin - 23:05

and i have learned that even landlocked lovers
yearn for the sea like navy men

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(arizona murphy costello)

âge › vingt-cinq années passées, déjà. Le temps file, il se consume, mais elle le consomme de la plus belle manière qui soit à travers ses voyages. C'est ce qu'elle se dit, pour se rassurer ; qu'elle ne perd pas une minute, ni même une seconde de ce précieux temps. date et lieu de naissance › un dix-sept de mars, à la Nouvelle-Orléans alors que ses parents étaient en déplacement pour visiter de la famille. Mais, elle n'a aucun souvenir de cette ville, puisqu'elle a été élevée ici même, à North-Hatley.  profession › elle en a eu différentes, de mécanicienne à guide touristique, elle a touché un peu à tout pendant ses escapades. Actuellement, la blonde a repris une des occupations qui revenaient le plus souvent sur la liste, à savoir barmaid et serveuse, qu'elle exerce un coup au cabaret Tabasco, un coup dans une boîte branchée de Downtown, selon le planning. On peut tout de même noter qu'avant de partir, elle avait débuté des études de droit pour faire comme James, dans l'idée de devenir elle aussi avocate. situation amoureuse › aussi libre qu'il lui plaît de l'être, la jeune Costello est célibataire.  Et elle ne tient pas vraiment à se voir privée de cette liberté, alors elle se contente d'une histoire à droite, à gauche de temps à autres, sans réel intérêt, et ça lui va très bien. Il n'en a pourtant pas toujours été ainsi, mais elle aime se dire que cette période est révolue, définitivement. orientation sexuelle › elle se considère comme hétérosexuelle, même si elle aimerait bien se passer des étiquettes qui sont, selon elle, une barrière aux rencontres. Maintenant, elle n'est pas totalement fermée d'esprit, elle ne sait juste pas comment elle réagirait, si c'était une femme qui lui faisait des avances. situation financière › la famille Costello n'a jamais eu de problème en ce qui concernait l'argent, bien au contraire, alors on pourrait dire qu'Arizona est née avec une cuillère en argent dans la bouche. Après, bien que ne manquant de rien, la blonde n'en a jamais abusé, préférant de loin montrer qu'elle pouvait s'en sortir par ses propres moyens. groupe › l'albatros. avatar › nicola peltz. crédit › nicolapeltz/tumblr pour la bannière, death cab for cutie pour la citation.

si tu devais te décrire en cinq mots, quels qu'ils soient, lesquels tu me donnerais ? › liberté, intense, voyage, farouche, passion. si tu devais m'emmener loin d'ici, où est-ce qu'on irait ? › n'importe où. De la place rouge de Moscou à la plage étoilée des Maldives, on redécouvrira le monde à deux. On apprendra les couleurs et les saveurs de là-bas, on marchera à en avoir mal aux pieds, et on continuera à courir le monde jusqu'à trouver ce petit bout de paradis, cet endroit rien qu'à nous pour poser nos valises. si tu devais me lire une histoire, laquelle est-ce que tu choisirais ? › je ne te lirai pas une histoire, mais un idéal. Je te lirai mes convictions en quelques maigres lignes, en te récitant la Lettre à Ménécée de celui que l'on appelle Épicure.


voyager, un mot qui te fait rêver depuis toujours. et ça a été ta réalité, pendant un peu moins de cinq ans. voyager, sans se poser de limites › t'as tendance à aimer les garçons plus vieux que toi. tu sais pas, c'est comme si tu leur faisais plus facilement confiance. tout ceux de ton âge ont plus tendance à te désespérer qu'autre chose › la pluie, tu aimes ça. tu en profites pour marcher, ou même courir. te vider l'esprit sous la pluie, y'a que ça de vrai › t'es curieuse de nature. t'aimes comprendre, qu'on réponde à tes questions, sur ci, ou ça ; tu aimes savoir ce que tu as en face, ou entre les mains. paradoxalement, la seule chose sur laquelle tu ne veux rien savoir, c'est demain ; tu veux que ça reste une surprise, un imprévu, le hasard de la vie › quand tu habitais encore à North-Hatley, tu faisais du hockey, même si ta mère t'aurait bien vu dans quelque chose de plus artistique, de plus délicat, plus féminin. mais non, c'était le hockey, comme tes frères › autant que tu aimes la pluie, tu aimes l'eau. alors quand tu t'es mise à voyager, tu t'es débrouillée pour te retrouver dans des villes à proximité de la mer ou l'océan. t'en as profité pour apprendre le surf, d'ailleurs › tu passes beaucoup de temps au sport, quand tu bosses pas › pendant près de cinq ans, ton compagnon de voyage, c'était un appareil photo avec lequel tu as capturé bien des instants  › tu t'entends bien avec ta famille, dans l'ensemble. mais tu sais qu'ils sont déçus, que tes choix, ils ne les ont pas vraiment approuvés › ton grand-père t'en a appris un rayon sur la mécanique, même si ça désespérait un peu ta mère › tu n'as pas, et tu n'as jamais eu de métier fixe. tu pourrais te reposer sur l'argent de tes parents, mais c'est pas vraiment ton truc. alors t'es barmaid un jour, et mécanicienne le lendemain, puis vendeuse, autant que tu peux dispenser des cours de patin sur glace, même si t'as pas de diplôme ; tu vas là où on veut bien de toi, et tu te réinventes constamment › tu as aimé un homme, une fois. mais vraiment aimé, même si t'as prétendu le contraire au début. il ne voulait pas que ce soit sérieux, et tu le laissais dire, même si dans le fond, tu prenais conscience que c'était plus que ça. du jour au lendemain, il t'a demandé d'oublier son adresse. c'est là que tu es partie, mais pas seulement de chez lui, non, mais bien du Canada › tu aimes l'art de manière générale, mais tu es plus films que bouquins, et plus musique que peinture › lizbeth et camille, elles étaient tout ce qui importait réellement avant que tu t'en ailles. la première et morte, et la seconde.. bien tu culpabilises, car tu sais que tu n'as pas été aussi présente qu'une meilleure amie aurait dû l'être. et tu redoutes un peu de la revoir, à vrai dire › t'es une fan inconditionnelle de star wars. ça aussi, beth disait que tu devais en avoir honte, juste pour te taquiner › t'es indépendante. tu ne l'étais pas autant, à la base. mais perdre lizbeth a été un premier coup. puis, y'a eu elliot. et ta famille, de laquelle tu t'es éloignée doucement. est-ce que tu regrettes? aucune idée. t'essayes juste de ne pas y penser › y'a des photos des quatre coins du monde aux murs de ton appartement. c'est pas au goût de tout le monde, mais à vrai dire, tu t'en fous.
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THE KIDS AREN'T ALRIGHT


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MessageSujet: Re: ♒ kill your darlings.   Jeu 23 Juin - 23:28


“ et j’espère qu’elle sera idiote, une ravissante petite idiote.
on ne peut pas souhaiter plus beau destin pour une fille ici-bas.”

@gatsby / francis scott fitzgerald

I, ENFANCE SENTEUR PÉTROLE
Tes doigts rencontrent le métal froid des clés, s'enroulent fermement autour pour répéter ces mouvements mécaniques. Serrer puis desserrer des pièces, démonter puis remonter la machine déjà impeccable. Quatorze ans et les mains noircies par l'huile de moteur, de quoi faire grincer les dents de ta mère. Qu'importe. Tu aimes ce que tu fais. C'est utile. Plus que la peinture, que la danse, que tout ce qu'elle aimerait que tu saches faire. La mécanique, c'est authentique, c'est logique, c'est pratique, et tant d'adjectifs qui s'accordent en rimes parfaites.

Le regard de ton grand-père se pose sur toi une fois de plus. Il a les traits tirés, les yeux creusés, il a toutes les marques de la vieillesse sur son visage, des rides autant que d'histoires à te raconter. La mécanique, il connaît, c'est lui qui t'apprend, puisque de tes frères, aucun ne semble s'y intéresser autant que toi, seule fille de la fratrie de trois enfants. « Comme ça ? » Il acquiesce, puis rectifie la chose, te montre tes erreurs, et tu continues, tout en feuilletant un livret dont tu ne comprends que la moitié. Au moins, tu essayes. Et ça le fait sourire ; tu le fais toujours sourire, quand t'es si concentrée que tu en tires la langue. Il y a la vieille radio qui crache des morceaux d'un autre temps, et tu te satisfais du grésillement de cette dernière et du cliquetis des clés qui tournent et tapent.

Ici, tu te sens chez toi, ici, tu sens bien. Qu'on ne se méprenne pas, tu aimes ta famille, tes parents, tes frères James et Louis, tu les aimes vraiment, mais tu as besoin de ces moments de calme, ces instants de solitude, ces précieuses petites journées loin de tout, à refaire le monde avec ton grand-père au fil de longues conversations qui ne font souvent pas de sens. Mais tu as besoin de ça, pour te sentir libre, car tu sais que ni lui, ni ta grand-mère n'attendent quoique ce soit de toi, eux, tu sais qu'ici, tu peux être qui tu veux, et ça, ça te fait beaucoup de bien.


II, LA PETITE ROBE NOIRE
Les mains glissent. Lissent l'étoffe couleur jais. Tu regardes les gens autour de toi, et ils t'observent en retour. Un pied devant l'autre, un pas après le précédent. C'est fébrile que tu glisses entre les silhouettes sombres. Le silence se fait maître, s'agrémente de murmures. Toi tu ne dis rien, tu constates, tu sondes la pièce de tes grands yeux bleus-verts dans l'espoir de la trouver elle. Et il fait chaud, mais tu as froid. Tu croises tes bras contre ta poitrine. Tu prends l'air avec la sensation que même respirer est devenu quelque chose d'étrangement douloureux.

Puis elle est là. Sa chevelure rousse apprivoisée en une coiffure sophistiquée. Tu t'arrêtes d'avancer un instant. Le temps d'une autre inspiration. De trouver quoi dire, même si le silence est préférable dans une telle situation. Tu t'avances, tu viens glisser une main dans son dos. Elle se tourne, et son regard est aussi rouge que le tien. « Oh, Camille. » Souffles-tu simplement, avant de l'attraper dans tes bras. Les siens se referment dans ton dos. Une étreinte pour réchauffer deux cœurs qui peinent à redémarrer. Le contact pour oublier la pièce manquante du tableau. Un trio qui s'est effacé brusquement. Lizbeth est morte.

Tu revois l'instant où tu l'as appris. Tu revenais du hockey avec James, à déconner sur les chansons douteuses qui passaient à la radio. Un sourire rayonnant que tu abordais, à mille lieues d'imaginer la nouvelle que tu étais sur le point d'apprendre. Mais ton téléphone a sonné. La mère de Lizbeth t'a donné l'information entre deux sanglots, et soudainement, le sourire s'est fait plus terne, jusqu'à disparaître. Lizbeth est morte. Et même une semaine plus tard, tu peines à le réaliser. Ce coup tordu du destin. La vie qu'a même pas pris la peine de vous demander votre avis. Tu échappes un sanglot, tu te recules un peu pour regarder la rousse. « Je compte pas t'abandonner Cammie. Je te promets d'être là quoi qu'il arrive, ok ? » Tu hoches un peu la tête comme pour t'en convaincre. Tu as besoin qu'elle le sache. C'est la seule chose que tu as trouvée pour la soutenir. Mais d'avoir perdu Beth, ça fait pas moins mal au cœur. Une partie de vous qui s'est envolée, et qui ne reviendra pas. Et ainsi va la vie, quoi qu'on en dise.

III, MÉCANIQUE DU CŒUR
Tu scrutes le réveil un instant. Les bâtons rouges qui s'alignent pour t'annoncer que tu vas être en retard pour les cours. Qu'importe. Tu es bien là où tu es. Contre lui, à détailler chaque courbure de son visage, ses cheveux clairs en bataille. Un doux sourire étire tes lèvres, tu reposes ta tête contre l'oreiller, et ton index glisse le long de son torse, y dessinant quelques arabesques invisibles. S'il y a deux ans, quand James l'a ramené chez vous, on t'avait dit qu'à ce jour, il serait ce type qui traîne au lit avec toi  à dix heures du matin passées, t'aurais bien ri. Parce que tu n'avais que seize ans quand tu l'as rencontré, Elliot.

Aujourd'hui tu en as tout juste dix-huit. Ça ne fait que deux petites années d'écoulées. Qu'est-ce qui a changé, dans le fond ? Toi, peut-être. Lui aussi, un peu. À vous tourner autour, à jouer, constamment. Il a cédé. Et toi aussi. Il a été ta première fois, et les suivantes. À vrai dire, depuis que tu le fréquentes, tu n'as pas souvenir d'avoir posé le regard sur un autre type un seul jour. Et pourtant, c'est pas sérieux, pas vrai ? C'est ce qu'il a dit au début. Les termes du contrat, et ils tiennent toujours. Rien de tout cela n'est sérieux. Pourtant, quand on voit le regard que tu poses sur sa personne, y'a de quoi se poser des questions, Arizona. C'est peut-être pas sérieux pour lui, mais qu'en est-il pour toi ? Tu préfères pas y penser. T'as pas besoin, et pas d'envie d'être cette fille qui va s'accrocher pour se ramasser lamentablement derrière. Alors tu fais comme si de rien n'était. Naïvement, tu espères que ça va bien se passer, tout en ignorant cette partie de toi, profondément enfouie, qui aimerait un peu plus qu'un plan régulier pour s'amuser.

Il finit par bouger. Les draps se froissent. Tu reviens à toi, il te tire de tes pensées et t'accueille avec ce sourire. Ce sourire spécifique qui te fait tomber de haut à chaque fois. En plus d'être gentil, il est beau, c'est peut-être un peu trop pour que ce soit vrai. Mais cette réalité, factice ou pas, elle te plaît, alors tu t'en contentes. Parce que tu aimes ce regard qu'il pose sur toi. Tu te sens vivante, face à lui. Tu existes. Tu n'es pas cette gamine qu'ils disent tous connaître. Tu es cette jeune femme, celle qui se laisse dévorer par une passion qui aura tôt ou tard raison d'elle. Tant mieux, tant pis. C'est trop bon ; tellement bon. Il tourne l'amertume des erreurs à une douce saveur sucrée dont tu ne te lasses pas.

James n'est pas sûr que ce soit une bonne idée. Il te l'a dit, par plusieurs fois. Tu joues avec le feu, Arizona. Elliot est très gentil, tu sais. Mais il plaît aux femmes. T'es encore qu'une gamine. Laisse-toi le temps de grandir. Une façon ô combien subtile de te faire entendre une vérité que tu n'as pas voulu comprendre. Il t'aveugle, ton prince charmant. À quand sa fuite sur son cheval blanc, que tu reviennes enfin à toi. Autant dire que tes parents n'approuvent pas non plus. Pas plus que Louis. Personne n'est vraiment d'accord. C'est peut-être ce qui fait que tu t'entêtes, aussi. Mais c'est comme prendre de la hauteur pour se jeter dans le vide ; à chaque marche que tu grimpes, la chute sera plus douloureuse.


IV, LE ROI DES VOLEURS
Tes pieds s'enfoncent dans le sable des plages d'Hawaii. Ton regard lui, se pose sur l'horizon et savoure le spectacle que cette fin de journée peut donner aux passants. Le soleil qui tombe au fond de l'océan, agonisant dans un camaïeu de rouge et de bleu. Tu prends une grande inspiration. Tu te satisfais du silence, et doucement, tu te perds dans tes pensées. Tu penses d'ailleurs à eux. À ta famille, ta chère famille. Ceux que tu as fuis. Tu penses à ton père inquiet, et ta mère peu compréhensive quand tu lui as annoncé que tu partais. Puis, tu penses à James, et à Louis. Mais surtout à James, qui connaît le fin mot de l'histoire. James qui s'inquiète, lui aussi. Lui qui s'est de justesse retenu de te dire qu'il t'avait prévenu.

Et au milieu du tableau, il y a toujours ce même homme aux yeux bleus. Tu te dis qu'il apprécierait sans doute le spectacle. Autant que tu te dis que plus jamais, tu ne veux le voir. Ça a été si soudain. Si brusque. Tout allait bien ; parfaitement bien, même. Tes envies de voyage, tu les troquais pour un peu plus de temps passé avec lui. Un quotidien qui te suffisait amplement, avec tes études de droit, lui et ses promesses éphémères. Et du jour au lendemain, la tempête. Les mots plus hauts les uns que les autres. Les cris, les explications bancales. Et des larmes. Beaucoup de larmes. Tes larmes.

Tu as décidé de t'enfuir, pour ne pas souffrir. Pour ne plus avoir à le croiser. Pour ne pas prendre le risque de le voir avec une autre, même si, à l'heure qu'il est, ça ne te surprendrait même pas. Tes doigts glissent entre les grains de sable et en ramassent une poignée. Et tes phalanges se déplient pour la laisser filer. Paradoxalement, tu n'as jamais été aussi heureuse qu'à ce jour. Peut-être parce que tu te sens libre. Peut-être que, dans le fond, tu en avais besoin, de cette douleur. Comme une cruelle prise de conscience qui t'aurait poussé au mieux. Un mal pour un bien, comme le dit l'adage.

Et enfin, il y a Camille. Camille a qui tu penses constamment. Tu prends conscience que tu l'as un peu mise de côté. Peut-être que tu voulais lui épargner tes complaintes, garder ton trouble pour toi-même, et souffrir en silence. Mais elle a compris, parce que Cammie comprend toujours quand quelque chose ne va pas chez toi. Elle n'a rien dit, quand tu es partie. Qu'aurait-elle pu faire, de toute façon ? Rien. Ta décision était prise, le billet pour ta première destination au creux de ta main. Et quelques heures plus tard, toi et tes maigres bagages faisaient face au reste du monde.

Une partie de toi aurait sans doute voulu que tu regrettes. Ce n'est pas le cas. Tu n'as pas le mal du pays. Et eux, ils ne te manquent pas. Est-ce égoïste ? Sans doute. Le cœur reste lourd malgré tout. Parce que tu continues à penser à lui. Au peu que vous aviez, mais qui suffisait amplement. Ce peu qui s'est effondré comme un songe au levé du jour. La fin d'une douce utopie qui laisse un goût amer. Mais une fois de plus, tes yeux se fixent sur l'horizon, et tu ne peux pas t'empêcher de te dire que tu as bien fait, et que tu te fous bien de ce qu'ils peuvent en penser.


V, MILLE NUANCES DU MONDE
Tu tritures nerveusement les souvenirs attachés à ton sac, les perles et les patchs qui s'y accumulent, et tant de petits détails qui te rappellent tous ces lieux visités. Il faut dire que oui, nerveuse, tu l'es un peu. Parce que cet aéroport, ça va faire cinq ans que tu ne l'as pas vu. Et si en soit, il n'a rien d'exceptionnel, ça veut par extension dire que tu n'as pas posé le pied à North-Hatley depuis bientôt cinq ans. Et tu appréhendes de retrouver cet endroit que tu connais si bien. Quelque part, tu aimerais faire demi-tour, et remonter dans un avion. Partir loin, à nouveau. Curieuse sensation, de ne plus te sentir chez toi ici.

Mais tu avances. Un pas après l'autre, comme toujours. Tu guettes l'entrée, et lui qui doit t'y attendre. Cinq ans. Cinq longues années. Il a sûrement changé. Lui qui effleure la trentaine du bout des doigts. Après tout, toi, tu n'es plus la même. Le monde ne s'est pas arrêté de tourner ici, et si l'idée de le retrouver lui mêle excitation et sentiment de malaise, tu appréhendes d'autant plus de revoir les autres. Ta famille. Camille. Tes amis – ou plutôt, anciens amis. Tous ces gens qui t'ont vu grandir. Tu traînes tes bagages derrière toi, et tu t'arrêtes un instant au milieu du hall. Pour l'apercevoir, avec un grand sourire un peu bête qui se dessine sur tes lèvres. Et sans te préoccuper du reste, tu lâches tout et tu lui sautes dessus. James t'avait tellement manqué.

Il te regarde. Te fait tourner sur toi-même et détaille celle que tu es devenue. Tu lui offres un grand sourire, et t'en fais autant, avant de le taquiner. « En costume, carrément, mais regarde-toi Monsieur L'Avocat. » Il échappe un rire, et tu l'imites avant de récupérer tes bagages. Il t'aide, et ton regard se perd sur lui, à nouveau. Vous avez tellement de choses à vous raconter, ça, tu n'en doutes pas. Mais l'euphorie te rend étrangement silencieuse. « Je viens de quitter le cabinet en fait. Mais qu'importe, tu me manquais, Speedy. » Comme speedy gonzales oui, un surnom complètement débile qui te ferait d'autant plus sourire, si t'étais pas déjà à ton maximum.

Tu le suis jusqu'à sa voiture, entre deux questions qu'il enchaîne. Mais tu restes un peu distraite. Quelque part, tu es contente d'être rentrée, oui. Mais il y a des interrogations qui demeurent. Tu te demandes si Desmarais aussi, il est devenu avocat. Tu te demandes s'il est heureux. Et pourquoi pas marié, et père de famille. Mais tu secoues la tête ; tu te souviens Arizona, de cette fois où tu t'étais dit que t'y penserais plus jamais à ce type ? Que si un jour tu revenais, il ne serait rien de plus qu'une silhouette sur de vieilles photos ? Il est temps d'assumer et d'agir en conséquence. Tu es là pour eux, ta famille, tout le reste. Pas pour lui.

Tu regardes le paysage familier qui défile derrière la fenêtre du véhicule. Peut-être que North-Hatley t'avait manqué, en réalité. Peut-être que tu avais vraiment besoin de revenir, en fin de compte.
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