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 where is my mind. (kier)

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THE KIDS AREN'T ALRIGHT


✰ messages : 25

MessageSujet: where is my mind. (kier)   Jeu 23 Juin - 22:03

they're talking about you boy
but you're still the same

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(kieren jesse abberline)

âge › trente ans tout juste. trente comme 'félicitations, t'es encore en vie, pourtant en trois décennies, t'aurais pu trouver le moyen de claquer, doué comme t'es'. trente ans comme le quart d'une vie qu'est passé trop vite, et trop lentement en même temps. un quart qu'a fait rire et pleurer, un quart qui te laisse la douce amertume au palais.  date et lieu de naissance › qui est-ce qui en a réellement quelque chose à faire, que tu sois né un douze ou un vingt-six, personne pense jamais à ton anniversaire de toute façon. mais sur le papier, y'a écrit dix-sept novembre, si y'en a que ça intéresse encore. sinon, t'as toujours vécu ici, à north-hatley, paumé dans les terres canadiennes. enfin, vécu disons plutôt que t'y es né, c'est là où t'es domicilié, mais cette ville, tu l'as toujours plus subie qu'autre chose. puis aujourd'hui, tu fais semblant. comme si y'avait encore quelqu'un pour s'en soucier, de ce que tu penses. profession › tu as été militaire. comme ton père. comme un de tes frères. tu ne sais pas trop ce que tu as voulu prouver le jour où t'as signé ce contrat. tu l'as fait, c'est tout. t'as engagé comme infirmier militaire, et merde, oui, t'étais fier de porter l'uniforme à l'époque. fier de faire sourire ton père. aujourd'hui, tu es juste infirmier à l'hôpital st-john, et il t'arrive de faire un peu de bénévolat à la prison pour tuer le temps. situation amoureuse › inexistante. kieren a aimé. trop intensément sûrement. il a aimé, il a peut-être été aimé en retour un temps. il a été manipulé, puis jeté. et repris, et rejeté. kier ne veut pas penser à l'amour. il ne veut pas croire que ça existe. parce qu'on est pas censé apprécier les choses qui nous détruisent, pas vrai ? orientation sexuelle › il n'en sait rien. et il ne veut plus savoir. il s'est toujours cru hétérosexuel parce qu'on lui a enfoncé dans le crâne que c'était la normalité. puis il y a eu ce garçon, qui a remis bien des choses en question. il a été le premier et le dernier. maintenant, kieren ne fait plus que dans le sexe opposé. des histoires qui durent jamais longtemps. histoire de se sentir moins seul pour une nuit ou deux. de s'oublier dans les bras d'une inconnue, alors que demain, rien n'ira mieux. situation financière › il n'a pas à se plaindre, et s'il est loin de rouler sur l'or, il est heureux de ce qu'il a. entre la prime de l'armée et son salaire d'infirmier, il vit tranquillement, comme il l'entend. donc, on peut considérer cela comme modeste. groupe › spleen, simplement. avatar › hayden christensen. crédit › bannière (c) mine, citation (kavinsky/nightcall).

si tu devais te décrire en cinq mots, quels qu'ils soient, lesquels tu me donnerais ? › cauchemar, sourire, échec, altruisme, humain. si tu devais m'emmener loin d'ici, où est-ce qu'on irait ? › on irait où tu veux aller. on ferait le tour du monde si c'est ce que tu désires. et si un jour il faut se poser, on ira sûrement en nouvelle-zélande, ou en australie. profiter des plages et d'un peu de soleil, et vivre comme bon nous semble. si tu devais me lire une histoire, laquelle est-ce que tu choisirais ? › sans doute les faux-monnayeurs d'andré gide. je ne sais pas pourquoi. sûrement car chacun peut s'identifier à l'un des personnages, de par la diversité des caractères et ambitions. des beaux rêves, de grandes désillusions. le revers de la médaille et la tragédie à la française.  il explore des sujets qui ne te laisseront pas indifférents. et peut-être que tu retrouveras un peu de moi dans ce livre, aussi.


t'as un caractère bien à toi, paradoxal, une personnalité qui a évolué avec le temps, et pas forcément dans le meilleur des sens. disons que, les mêmes traits demeurent, mais ils ont ou perdu, ou gagné en intensité ○ on t'a souvent considéré comme trop gentil, trop altruiste, à toujours faire passer les autres avant toi. un peu trop rêveur, un peu trop naïf. toi, tu te trouves juste un peu trop con ○ mais des fois, tu t'énerves. ça t'arrivait pas avant, et maintenant, ça vient tout seul. quand on te fait du mal, t'es volontiers méchant. autrefois, t'aurais baissé les yeux, t'aurais passé ton chemin. maintenant, t'es bien moins tolérant, et un mot plus haut que l'autre, ça peut vite mener à un différent ○ tu manques de confiance en toi, presque trop. tu te remets toujours en question, sur ce que tu fais, sur ce que tu dis. un peu moins maintenant, parce que t'as pas d'autre choix que de te faire confiance quand tu te retrouves seul face au monde, mais avant, t'avais toujours l'impression de tout faire de travers ○ c'est peut-être en partie à cause de ton père. ton père t'a jamais dit qu'il était fier de toi. tu n'as, à vrai dire, pas le souvenir qu'il t'ait considéré comme un de ses fils un jours. t'étais juste pas à la hauteur, apparemment ○ tu viens d'une famille de militaire, ton père, son père, tes oncles, tes cousins, même dans ta fratrie ; chaque génération a un pied dans les rangs de l'armée canadienne. et t'as pas échappé à la règle. une autre connerie pour faire en sorte que ton père te voit, sans doute ○ tu es naturellement curieux. peut-être un peu trop d'ailleurs. mais tu aimes apprendre, tu aimes savoir ○ avec le temps que tu as passé en afghanistan, tu as appris les bases du pachto et tu comprends plus ou moins le dari ○ tu aimes le sport. tu adores ça. c'est ton échappatoire, ta petite dose d'adrénaline. des fois, tu aimes prendre ton vélo de cross et partir en montagne, choper ton snow pour disparaître un weekend à la neige. des fois, c'est moindre, aller courir suffi, alors que le lendemain, tu vas t'acharner sur un ballon de volley ○ ton appartement est toujours bien rangé, une obsession qu'ils disent. pourtant, y'a des photos aux murs, une planche ici, un snow là-bas. plutôt paradoxale comme affaire ○ autrefois, tu avais tendance à être désolé. à te mettre la faute dessus même quand ce n'était pas toi qu était en tort. aujourd'hui, c'est différent. tu fais la part des choses, tu relativises ○ tu as aimé un garçon, un seul. il t'a fait passer l'envie de retenter l'expérience ○ puis, en ce moment, y'a cette fille. c'est curieux, tu ne sais pas trop ce que tu dois en penser. tu l'aimais bien. tu commençais à t'attacher. mais tout s'est arrêté, brutalement ○ t'es passionné par ton boulot. même si c'est parfois ingrat, même si ramasser un alcoolique à trois heures du matin, tu t'en passerais bien des fois, tu imagines pas ta réalité autrement. ton travail, c'est bien le seul moment où tu te sens utile ○ avant, tu t'entendais avec ta famille. pourtant, ça a jamais été bien simple. maintenant, t'oses même plus appeler chez toi pour savoir s'ils sont toujours en vie, tant t'es en froid avec ton père ○ t'as toujours accordé ta confiance un peu trop facilement. aujourd'hui, tu essayes de faire un peu plus attention, même si ça ne te réussit pas toujours ○ esprit qui se disait libre, quand t'étais dans l'armée, tu affirmais que tu ne te poserais jamais, que tu n'allais pas tenir une semaine dans une petite routine de citadin. et à ce jour, t'es collé dedans jusqu'au cou, et t'as pas assez de courage pour tout plaquer et partir à l'autre bout du monde ○ tu ne souris plus autant qu'avant. tu ressens plus le besoin d'endormir les autres quant à ton humeur. à vrai dire, maintenant, tu t'en fous pas mal de ce qu'ils pensent, tous.
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THE KIDS AREN'T ALRIGHT


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MessageSujet: Re: where is my mind. (kier)   Jeu 23 Juin - 22:24

you just walked away and i just watched you, what could i say? Trois gamins qui courent. La sensation de l'herbe humide sous les pieds. Le soleil d'une fin de journée. La fumée des grillades se dérobant dans le ciel. L'odeur du feu et du charbon. Les sensations qui s'emmêlent, les doux souvenirs qui s'accumulent et s'évaporent. D'aussi loin que tu te souviennes, ces bons moments n'ont pas été si nombreux. Ou alors, tu les a déjà oubliés. Quelques uns t'ont marqué. D'autres moins. On dit que c'est la vie qui veut ça. La mémoire qui décide pour toi de ce qui est bien et de ce qui est mal. Alors il y a deux possibilités ; soit il y a défaut de triage, soit ton enfance s'est réellement résumée à quelques rares passages joyeux. Les fêtes en famille. Les rares moments où ton père était là. L'armée dans chaque centimètre carré de la maison. Les uniformes et les médailles. Les barrettes et les photos de là-bas. Les pays lointains. Les pays où il partait sans être sûr de revenir.

Tu as toujours admiré ton père. Comme un fils est censé le faire. Mais plus encore. Tu t'es répété, comme de nombreux garçons, que c'était un homme exceptionnel. De ces héros qui au final, n'existent sans doute pas dans votre réalité. Un homme qui abandonnait régulièrement sa famille pour défendre son pays. Voilà l'image qu'on vous en donnait. Et tu aimais ton père. Profondément. Même si tu n'as jamais réussi à déterminer si c'était réciproque ou non. Même si aujourd'hui, du haut de tes dix-huit ans, tout te semble compromis, une fois de plus. Tout est remis en question, constamment. À chaque conversation. À chaque regard.

On ne peut pas dire que ton enfance ait été agitée. Tu t'en souviens comme d'une époque tranquille, marquée par les absences à répétition du lieutenant qui te faisait office de père. Une enfance aux côtés de ta mère et de tes deux frères, Raleigh et Sean. Trois garçons, Leigh en tant qu'aîné, toi au milieu, et Sean le petit dernier. Le temps vous a divisé. Les avis aussi. La sensation d'être la pièce de trop dans le tableau s'est précisée pour toi. Comme si tu ne correspondais pas à ta famille. Comme si quelqu'un là-haut s'était trompé. Que t'étais pas supposé t'appeler Abberline, ou vivre dans cette famille marquée au sceau de l'armée canadienne.

Mais tu as grandi avec. Et aujourd'hui encore, tu baignes dedans, alors que tu regardes Raleigh, son sac sur l'épaule, quitter la maison familiale après sa dernière permission. Il repart ce soir, et toi, tu n'es pas inquiet ; enfin, peut-être un peu, mais ça finira bien par passer, comme à chaque fois. Parce que Raleigh sait ce qu'il fait. Il ressemble tellement à ton père. Le fils modèle. Celui que tu aurais dû être mais que tu ne seras jamais, car il faut l'admettre, tout vous oppose ou presque. Il est le meneur quand tu es le suiveur. Il est la colère quand tu es le calme. Il est la force quand tu es la faiblesse. Quelque part, oui, tu l'as envié, et tu l'envies encore un peu parfois. De rendre votre père si fier, alors que toi – toi hé bien, tu te contentes d'exister.

Puis, il y a Sean. Sean qui n'a que quinze ans à ce jour, mais qui s'est déjà dessiné un avenir. Sean qui veut faire comme son père et son frère, et rejoindre l'armée, parce que c'est plus qu'une envie à ses yeux, c'est une évidence. Quand il t'en a parlé, tu n'as d'abord rien dit. Tu as pensé qu'il changerait d'avis avec le temps. Mais c'est ce qu'il veut faire, et dès ses seize ans, il projette d'intégrer les cadets de l'armée. Tu n'es pas persuadé que ce soit une bonne idée, mais Sean est un Abberline. Et il est influençable, suffisamment pour suivre son grand frère à la trace. Suffisamment pour prendre des décisions que toi, tu reportes encore et toujours à demain.

Pourtant, il y en a eu des conversations avec ton père. Des tentatives de lui faire ouvrir les yeux. Pendant un instant, tu t'es même imaginé partir d'ici. Tout quitter et partir aux États-Unis. Pour faire quoi ? Tu n'en savais rien. Tu t'étais juste naïvement imaginé que ça débloquerait la situation. Mais tu t'es résigné, toi aussi. Et tu as pris ton courage à deux mains quand tu as franchi la porte d'un de ces centres d'engagement de l'armée canadienne. Tu as signé le papier à ton tour, et tu es sorti avec une date, des papiers et tout ce qui était nécessaire pour compléter l'engagement. Tu te souviens être rentré chez toi avec un grand sourire. La fierté pour gonfler le cœur. Tu te rappelles que c'est la première chose que tu as dit à tes parents et à tes frères à table. C'était il y a quelques mois. Trois précisément. Le regard que t'a lancé ton père reste indélébile. Ce léger sourire. Ce semblant de considération. Puis le silence. Rien de plus que le silence. Une autre vaine tentative de t'attirer son attention, de le rendre fier.

Une autre tentative qu'aura échoué, et cette fois, pas de retour en arrière. Tu fais partie de l'armée canadienne Kieren, et dans une semaine, c'est toi qui franchira le pas de cette porte.

come and use me up you know i'll give you everything, love me any way you want before you run away. Tu aimerais que ça s'arrête. Cette douleur. Cette vague constante qui irradie dans l'entièreté de ton corps. La peau tire. Les hématomes fleurissent encore dans un camaïeu de bleu et de vert. Tu aimerais ne plus rien ressentir. Physiquement, mais pas que. Tu aimerais que les sifflements dans ta tête s'arrêtent. Et tu aimerais l'oublier lui. Tu aimerais qu'il n'ait jamais été, ni un jour, ni même une minute de ton existence. Tu aimerais que son souvenir s'évapore, qu'il fuit comme tout le reste. Tu aimerais qu'il ne reste plus rien de ces jours heureux, pas même la sensation de son corps pressé contre le tien ou de ses lèvres dans ton cou. Tu aimerais que tout cela disparaisse, une amnésie partielle, et pourquoi pas totale, tant que le sifflement et la migraine persistante te laissent un peu de répit. Tu ne sais toujours pas pourquoi les choses sont devenues ce qu'elles sont aujourd'hui. Enfin, en réalité, tu le sais. Mais tu préfères l'ignorer. Car la culpabilité, t'as pas la force de la porter sur le moment. Tu aimerais juste disparaître dans le sol, arrêter de déambuler et ne faire qu'un avec l'asphalte. Fermer les yeux et te reposer, enfin. Quelques minutes. Trois heures. Dix jours. Une vie toute entière ou du moins, ce qu'il en reste.

Tout avait si bien commencé, pourtant. Presque trop beau pour que ce soit vrai. Trop inédit pour que ce soit concret. Une expérience. C'était comme ça que avais considéré les choses au début, avec lui. Quelque chose de nouveau, pour essayer. Ça avait pas été désagréable. Loin de là même. Ça avait été surprenant. Inattendu. Agréable. Parce qu'à l'époque, son sourire voulait encore dire quelque chose. À l'époque, même si rien ne faisait de sens, lui, il t'apportait les réponses à tes questions. Et des questions, il y en a eu. Des doutes aussi. Des inquiétudes, concernant le regard des autres. Ta famille ne le savait pas, et c'était pas plus mal. Tes amis avaient ou accepté, ou pris la fuite. Oui, t'as eu le droit à tous les jolis noms d'oiseaux. Mais quelle importance est-ce que ça avait à l'époque ? Aucune. Parce que tu l'avais lui. Lui et ses yeux sombres. Lui et ses cheveux en bataille. Lui et ses jeux vidéos.

Puis tu t'es attaché. Un peu trop sûrement. Tu as naïvement pensé que ça durerait, tu as imaginé que c'était solide. Que ça pouvait marcher. Et pourtant, tu connaissais les risques. T'avais entendu parler de lui. De la manière dont il se comportait avec les autres. On t'avait dit, que tu allais tomber de bien haut. Toi, entamant ta vingtaine, avec ton grand sourire innocent et ton ticket pour une vie trop cruelle pour quelqu'un comme toi. Pas assez solide. Vacillant facilement. Mais tu t'es attaché, merde, oui. Tu t'es raccroché à lui comme si c'était tout ce que t'avais, et c'était un peu le cas. Tu t'es juste laissé embobiner comme les autres par ses petits sourires espiègles, ses regards à la dérobée. Des promesses que tu as entendues mais qui n'ont jamais été faites, des projets et des envies. Il t'en a collé plein les yeux des paillettes, t'en a mis plein la tête, des espoirs. Et même si tout ça c'était bidon, ça en valait le coup. Pendant un temps du moins.

Il y a eu les premières vagues, à l'aube d'une tempête que tu n'avais pas vu venir. Tu as essayé de bien prendre ses propos au début. De considérer ça comme une critique constructive. Puis tu t'es braqué. Tu as toléré un peu plus difficilement, et t'as commencé à répondre. Peut-être que tu aurais dû te taire et lui servir un sourire factice. Peut-être que si tu avais juste ployé sous ses mots, tu ne serais pas là, à t'anesthésier à l'éthanol, mettant difficilement un pied devant l'autre pour trouver ton chemin jusqu'à ton appartement. Mais c'est trop tard pour revenir en arrière. Alors t'essayes d'aller en avant, avec tes un gramme cinq dans le sang et ces morceaux de nostalgie qui te détruisent un peu plus. Le souvenir de ta première – stupide – initiative ; tu t'es barré. Deux jours, deux misérables jours avant de te rendre compte que t'avais besoin de lui. Alors t'es revenu, malgré cette petite partie de toi qui essayait de te faire comprendre que tu faisais une belle connerie. Il t'a repris. La situation s'est stabilisée pour un temps. Mais les choses n'étaient déjà plus les mêmes. Il était plus distant. Toi, un peu trop parano. T'as posé des questions, peut-être trop, jusqu'à ce que ça lui monte à la tête et qu'il pète un câble. Il est parti. Et les choses auraient dû s'arrêter là.

Mais t'es revenu toi. Une fois, puis deux. T'es revenu parce que t'étais faible et dépendant. Et même si sur l'instant, les images sont floues, tu sais à quel point t'as été minable de croire que ça pouvait continuer. Tu t'es retrouvé devant la porte de son appartement, tu lui as dit que tu voulais juste repartir à zéro. Que t'étais prêt à changer, que tu pouvais devenir quelqu'un d'autre pour lui. T'as même été jusqu'à porter la faute, à te dégrader de tes mots juste pour porter le blâme. Parce que c'était vrai à tes yeux. T'aurais pu te détruire, tout bousiller, rien que pour fixer les choses. Mais tu t'es heurté à un mur. Un putain de bloc de glace qui t'a détaillé avec un mépris dépassant les espérances. Il t'a annoncé qu'il t'avait trompé. Si sur l'instant, tu avais envie de le démonter, c'est pas la violence qui a pris le dessus. Tu t'es juste effondré comme une pauvre loque au milieu du corridor et tu t'es barré en courant. Tu pensais pas que ça puisse faire aussi mal d'aimer quelqu'un. Et pire encore ; d'aimer, sans que ce soit réciproque. De continuer à espérer pour se rendre compte que t'as juste été qu'un type de plus à sauter dans sa vie.

Et ce soir, la douleur, tu la sens encore. Elle imprègne chaque parcelle de ton corps. Mais la douleur, ce soir, elle prend une autre forme. Des côtes qui te lancent, une certaine difficulté à respirer. Ton visage abîmé et ta démarche peu assurée qui n'est pas juste dû à ce que tu as pu boire cette nuit. T'es loin d'être en forme, et tu fais presque peur, de loin comme de près. Pourtant, ce petit bout de lucidité qui demeure te rappelle que ce qui t'arrive, tu l'as mérité. Tu n'avais qu'à pas te pointer chez tes parents, encore moins avec ce que tu as bu. Tout ce que tu voulais pourtant, c'était parler à ta mère. Trouver du réconfort, un endroit où dormir parce que tu as paumé tes clés. Comme si t'étais pas suffisamment la honte de la famille comme ça. Tu ne sais pas quand ou comment, mais ton père a su, pour toi. Il a su que tu sortais avec un homme, et ça lui a pas plu. Alors, il a fracassé sa « tapette » de fils, en prenant soin de te rappeler à quel point t'avais toujours été qu'un échec et l'a viré de la maison de famille. Cette maison où t'as grandi, ton refuge de dernier recours. Tes deux frères n'ont pas réagi ; Raleigh a rajouté que tu le méritais, que t'étais qu'une pédale. Sean, lui, t'a craché au visage que t'avais plus rien à faire dans cette maison, que t'avais plus rien à voir avec cette famille. Et ta mère elle, elle n'a rien dit. Elle n'a pas regardé. Elle a juste fait comme si de rien n'était et elle t'a abandonné là, dans le salon, pour retourner dans la cuisine. Et maintenant, tu tiens tes côtes alors que tu déambules dans les rues. Ton monde s'écroule doucement, mais c'est pas grave. Demain, rien n'ira mieux.

Puis, la chose la plus intelligente que tu trouves à faire, c'est de reprendre le chemin qui mène chez lui. Chez Xander. Tu mets ça sur le compte de l'alcool, c'est complètement débile comme excuse. Tu passes devant son appartement et tu lèves les yeux vers les fenêtres. C'est noir. Soit y'a personne, soit il dort. T'en sais rien, tu n'as pas conscience qu'il est déjà trois heures du matin. Mais soudain, tu te fais la réflexion qu'il est peut-être en train de se taper un autre type, et t'éclates de rire en plein milieu de la rue, comme un pauvre fou. Ça te rend complètement dingue, sans trop comprendre, tu dérailles et tu t'arrêtes là, au milieu de l'allée, et tu poses ta bouteille sur un banc non loin de là, repérant la voiture de ce pauvre connard – no offense, t'as la tête dans le brouillard (quoique, tu le penses, sisi, je t'assure.). Sa belle petite voiture dans laquelle il t'a aussi baisé, soit dit en passant. Tu regardes un peu autour de toi, quelques fois que quelqu'un soit en mesure de témoigner. Puis tu te rappelles que tu t'en fous, alors c'est sans aucun scrupule que tu envoies ton pied dans le premier rétro qui vient. Deux bons coups suffisent à ce qu'il tombe.

C'est le déclic, t'as plus envie de t'arrêter. T'as qu'un désir, c'est de tout bousiller. Et tu t'en fous qu'il banque ou qu'il te mette ça sur le dos, ça te défoule tant sur l'instant. Alors tu chopes un caillou qui traînait par terre, et tu commences à rayer la carrosserie comme il faut. Pas de chance pour lui, t'as pas vraiment l'âme d'un artiste ; c'est pas un Van Gogh ou un Dali que tu graves dans le métal, toi, t'es plutôt un contemporain couplé à un gamin de quatre ans, dans le genre « j'ai une technique irréprochable mais un style douteux ». Mais bientôt, ça suffit plus. Alors tu te retrouves à sauter à pieds joints sur le capot, et c'est pas l'alarme qui t'arrête, puisque la minute d'après, tu t'en prends aux vitres. Pas de chance, tu t'ouvres le dessus de la main. Mais une fois de plus, tout ce que tu trouves à faire, c'est t'esclaffer. Rire de la souffrance et de ta folie passagère. T'en profites pour ouvrir la portière côté passager et aller saccager un peu l'intérieur. Histoire que l’œuvre soit complète. Ça t'arrache une grimace dès que tu étires un peu ton corps, parce que mine de rien, c'est pas la grande forme. Puis, quand tu considères que t'en as assez fait, tu sors de là et tu récupères ta bouteille à demi pleine. T'en prends une nouvelle gorgée avant de faire quelque chose de totalement stupide, à savoir la balancer contre la fenêtre de son appartement. Et une fois de plus, t'éclates de rire quand le verre pète. « Est pris qui croyait prendre c'est ça ? Bah tiens, dans ta gueule sale tarlouze. » Quelle voix harmonieuse, quel choix de propos, c'en devient renversant. Mais on te blâme pas Kieren, t'as jamais eu l'âme d'un Baudelaire, encore moins avec près de deux grammes dans le système.

Y'a une lumière qui s'allume à l'étage. Peut-être qu'il est là, en fait. Sûrement même, parce que jusqu'à preuve du contraire, les lumières s'allument comme ça dans les appartements. T'as les mains jointes devant tes lèvres, comme si tu tentais d'étouffer ton rire, puis tu décampes avant que quelqu'un n'arrive. Tu regretteras peut-être demain. Sûrement même, en te levant, avec les plaies sur ta main, les paroles de ta famille raisonnant dans ta tête et les bleus marquant ta peau. Mais ce soir, tu t'en fous bien. Ce soir, t'as qu'une envie, c'est de mettre le monde à feu, et quelque part, t’espères cramer avec.

we're still waitin' for you to bring our troops home, clean up that mess you made. but it seems so easy here to blind us with your "United We Stand". Tu observes le bureau. Le bout de tes doigts agressant l'accoudoir de bois dans un bruit ténu et désagréable. Ton pied s'abattant à répétition, de manière nerveuse et totalement incontrôlée par terre. Ton regard se pose, se détache ; il trahit ton manque d'attention sur l'instant. T'es juste incapable de rester focalisé sur quelque chose. T'as toujours cette sensation d'étouffement qui revient, si tu ne penses pas à autre chose. Et sans réfléchir, ta main glisse sur ta gorge, puis sur ta nuque. Et revient frénétiquement attaquer ton siège. Puis quelqu'un entre dans le bureau, alors tu entreprends de te lever par politesse, mais tu ne décolles pas de ta place. Tu poses juste ton regard sur cette personne qui vient de s'installer en face et qui n'a de cesse de t'observer. Ce qui te rend passablement mal à l'aise, alors – une fois de plus – tu regardes ailleurs.

« Vous vous souvenez de ce qui s'est passé Kieren ? » Tes tics nerveux s'estompent. Disparaissent un temps, quelques longues secondes pendant lesquelles ton regard accroche le sien. Il y a d'abord eu le bruit. La détonation. Puis les hurlements qui en venaient à couvrir le son des moteurs. Le sable s'encrant enfin au vermeille. Carmin teintant peu à peu ton uniforme. Tu clignes des yeux pour effacer l'image. Dans l'espoir soudain d'oublier. D'en être capable. Douce illusion, encore. « Oui. » Trois lettres qui franchissent tes lèvres.   Et t'aurais préféré répondre de manière négative. Mais mentir, t'en as pas envie sur le moment. Et à dire vrai, tu n'es plus sûr de ce que tu veux. « Vous ne voulez pas en parler ? » Sourcils qui s'arquent. Réponse qui te semble tellement évidente qu'elle t'en brûle les lèvres. « Non. »

« Et comment allez-vous aujourd'hui ? » Tu baisses le regard, un soupir t'échappe. Tu regardes ailleurs, puis tu plantes ton regard sur elle à nouveau. « Ok, non, ça sert a rien d'aller sur ce terrain, c'pas pour moi vos conneries. » C'est ce qu'ils disent tous, apparemment. Qu'ils n'ont pas besoin d'aide. Que tout va bien, et que tout ira mieux demain. Et si certains s'en sortent, d'autres creusent plus bas encore. Tu n'en as peut-être pas pleinement conscience. Parce que tu préfères prétendre que t'es quelqu'un de fort. Mais tu fais partie des seconds Ren. T'es de ceux qui subissent, quand d'autres sont encore capables de vivre. Mais t'as pas envie d'aborder ce sujet avec elle. Soudainement, tu te fais la réflexion que tout ça, c'était juste une mauvaise idée. Alors tu te lèves. Tu te lèves, et tu entreprends de t'éloigner. « Où est-ce que vous allez sergent ? On n'en a pas fini. » Tu t'arrêtes un instant, tu te tournes vers elle avec une expression pas tellement engageante sur le visage. « Asseyez-vous s'il vous plaît. Vous savez comme moi que les choses se passeront pour le mieux si vous coopérez. » Pour peu, tu aurais oublié que non, tu n'as pas choisi d'être ici. Tout ce bordel administratif, on te l'a imposé. Cette visite chez la psychologue de la base aussi. T'as du mal à saisir que c'est pour ton bien. Pour la bonne et simple raison que t'as pas encore capté que quelque chose ne va plus chez toi. Tu as un moment d'hésitation. Mais tu finis par retourner t'asseoir. C'est bien, ils t'ont pas totalement bousillé ; t'arrives encore à obéir, au moins un peu. « Je disais donc, comment allez-vous ? »

C'en est une, de question. Interrogation à laquelle tu n'es pas sûr d'avoir une réponse. Ou plutôt, la réponse qu'elle désire entendre, si elle existe. « Bien. » Concis. Simple. La réponse du type qu'en a plus grand chose à faire. Celle d'un gars qui manque clairement d'inspiration. Elle te fixe. Elle en attend plus. Elle veut les détails, les précisions. Tout ce que tu voulais éviter. « Franchement, comment est-ce que vous voulez que ça aille, hm ? Tout va bien dans le meilleur des mondes, c'est pour ça que je suis ici, pas vrai ? » Elle griffonne quelque chose sur son carnet. Pose papier et stylo sur le bureau. Puis elle croise les bras. Elle en a vu d'autres comme toi mon garçon. Hausser le ton, ça sert plus à rien. « Vous êtes ici parce que vos supérieurs ont rapporté un changement de comportement anormal. Accessoirement car ils trouvent que vous vous laissez aller un peu trop à la colère depuis l'accident d'il y a deux semaines. » L'accident. Vous y revoilà. Ton regard glisse sur la fenêtre. Tu te remets à taper du pied. Un pas de pris en avant pour deux en arrière. T'as l'impression de progresser, mais tu fais du surplace.

« Vous vous êtes déjà rendue sur le terrain Lieutenant – » Tu attrapes la plaque sur son bureau. « – Hamilton ? » L'entretien prend un autre tournant. Celui où tu n'es plus au centre de l'attention, et dans le fond, c'est tout ce que tu veux ; qu'on cesse de s'intéresser à toi. Elle secoue la tête horizontalement. Tu t'enfonces un peu plus dans ton fauteuil. « Alors comment est-ce que vous pouvez nous recevoir dans votre bureau ? Vous avez tout appris dans les bouquins, les cours à la fac et toutes vos conneries de psycho, pas vrai ? » Tu deviens acide. Lentement, tu dérives. Loin de toi l'envie d'édulcorer tes propos. C'est la défense agressive, le besoin de tourner les choses à ton avantage. « Gardez votre calme Abberline, il s'agit de vous, pas de moi. » Et il est bien là le problème. Car normalement, c'est à toi d'aider les autres. Pas aux autres de t'aider toi.

« Il a été plusieurs fois suggéré que vous soyez mis à pied pour quelques mois. Je pense que c'est le bon moment pour faire une pause. » Elle continue à écrire. Tu secoues doucement la tête de gauche à droite. C'est même pas envisageable pour toi. Qu'ils te renvoient au Canada. T'as besoin d'être ici. Ils ont besoin que tu sois là. « Non, non c'est bon, j'vais me calmer, ça va aller, ça va aller. » Tu t'emballes un peu avec tes belles promesses que tu tiendras sans doute pas. Loin de te rendre compte que tout ça, ça t'est monté à la tête. Ton existence, tu la vis plus, tu la subis. Elle se résumé à un matricule perdu au fin fond de l'Afghanistan. Ça te bouffe jusqu'au creux de tes os, et t'es incapable d'ouvrir les yeux là-dessus. « Je ne vous demande pas votre avis Kieren, vous êtes devenu un danger pour les autres, et pire encore, pour vous même. » Tu bondis de ta chaise. Comme ça, d'un coup. Un coup de sang qui court dans le système. « Non, non ça c'est hors de question. » Elle t'accorde à peine un regard, continuant à écrire sur ce carnet que t'as soudainement envie de lui arracher des mains. Mais tu es là. Debout. Stoïque. Tremblant. « Considérez ça comme une permission prolongée, Abberline. » Elle te balance ça avec un détachement qui te révulse. Tu tapes sur son bureau, et t'as le mérite d'obtenir quelques secondes d'attention. « On en a fini. »

Mais tu n'acceptes pas. Tu n'arrives plus à ployer sous les ordres comme avant. Tu n'arrives plus à dire stop, et encore moins à considérer quand la situation n'est plus viable. Elle ne l'est plus. Ça te bousille de l'intérieur, si bien que tu creuses ta tombe avec ta propre pelle. « Vous pouvez pas faire ça. C'est tout c'que j'ai. C'est tout c'qui me reste. » Et tu tapes du plat de la main sur le bureau. Encore. Elle jette un coup d'oeil derrière toi, et tu devines sans mal qu'ils vont pas tarder à arriver. « Vous me remercierez un jour. » T'as un petit air de démence au fond des yeux, tu secoues la tête une fois de plus. « Non, non je vous emmerde, je reste, vous pouvez pas m'renvoyer au Canada. » Tu tentes d'attraper le papier sur lequel elle signe ce que tu considères comme ton arrêt de mort. Elle se dérobe et tu sens des mains qui se referment sur tes épaules. « Vous pouvez pas faire ça doc, j'sais rien faire d'autre, j'ai plus rien, j'ai que ça, que l'armée. » T'as l'air désespéré. Tu fais presque pitié, tant tu sembles pitoyable. La colère gronde et les larmes te brûlent les yeux. Mais on te tire irrémédiablement en arrière. « Je vous empêche de vous détruire Kieren. » Tu te perds dans tes insultes. Dans tes cris et ta colère. Tu t'agites, et tu te débats, mais ils te tirent hors de là. Hors de ce bureau que tu aurais fini par renverser sans ça.

Retour à la case départ faut croire. Dans cette ville maudite. Cette ville qui t'a vu grandir et qui doucement t'a dégradé. Lente décomposition du cœur. Douloureux retour aux sources. C'est pas comme si tu existais encore aux yeux de ton père, ou même de ta famille. C'est pas comme si une personne t'attendait là-bas, à l'autre bout du monde. C'est pas comme si t'étais encore quelqu'un. Tout ce dont tu t'es soucié un jour est juste parti. Disparu. Comme celui que t'as été. Et celui que tu seras sans doute plus jamais.

hope if everybody runs, you choose to stay. hope that you fall in love, and it hurts so bad. and i hope that you don't suffer, but take the pain. Certains diront que tu t'es arrêté de vivre quand tu es revenu d'Afghanistan. Toi, tu n'as rien à répondre. Rien à dire sur cette période de ta vie. Et tu prétends que tu as réussi à tourner la page comme ça, sans le moindre effort. Comme si c'était un mauvais chapitre dans ton dos, qui n'aurait aucune répercussion sur demain. Mais c'est pas vrai. Et tu t'en rends compte un peu plus chaque jour, et chaque nuit. Tu t'en rends compte quand les autres te regardent comme un jouet cassé. Quand tu te réveilles au milieu de la nuit sans raison. Ou encore quand on te demande ce que tu as fait de ta vie. Tu dis la vérité, parce que tu vois pas de raison de mentir. Et c'est là, cet étincelle, dans leur regard. Ce petit bout de compassion qui te sort des yeux. Pauvre garçon, la trentaine et déjà bousillé par le système. T'as souvent envie de leur répondre que personne est venu te chercher. Qu'on t'a pas forcé, que tu t'es rendu là-bas de ton plein grès. Mais tu dis rien, tu fais demi-tour, et tout va mieux dans le meilleur des mondes.

Dans le fond, même si tu veux pas l'admettre, la psychologue avait sans doute raison. T'aurais fini par péter un câble. Tu étais trop instable, tu avais trop de pression sur les épaules. Et même si des fois aux urgences, c'est pas mieux, c'est quand même plus simple de t'occuper d'inconnus, plutôt que de personnes avec qui tu passes tes journées. Enfin, ça, c'était vrai il y a quelques temps encore. Car depuis plusieurs semaines, ça aussi, ça s'est écroulé. À cause d'elle.

Tu as encore son sourire imprimé dans ta petite tête. Le souvenir de son chignon complètement désordonné, et de sa moue boudeuse quand t'allais pas dans son sens pour penser. L'image est belle. Les couleurs encore vives dans ton esprit. Puis la nouvelle tombe, celle de la maladie. Et doucement, la photographie se décompose. Les pigments virent au gris. Le papier glacé s'écorche avec l'idée que tu t'étais fait de l'avenir. Kim. Trois petites lettres et une rencontre totalement anodine. Tu recherchais rien en particulier, en tombant sur la blonde. Tu lui as fait ton petit numéro de charme foireux, ça a accroché. Rien de sérieux, quoique. T'as commencé à te poser des questions au bout d'une semaine. Parce que t'es comme ça, tu peux pas être totalement détaché. T'es trop gentil, trop bon et surtout trop con pour te taper une fille et la jeter au petit matin. C'est pas mal Kier, au contraire. Mais ça fait mal. Ça finit toujours par faire mal.

Et ça n'a pas échappé. Tu t'es trouvé complètement stupide, son dossier dans les mains, à feuilleter les pages, relire les lignes en espérant te tromper. Cancer. Fuck. Tu t'es retrouvé dans le vague un moment, encore plus devant elle, quand il a fallu que tu sois mis sur son cas. Tu as cherché pourtant, à tourner avec un autre infirmier, mais le tableau était fait. Et tu as dû la confronter. Et comme t'as peur de tout briser à la moindre petite faille, tu n'as rien dit, tu t'es écrasé, et tu as accepté le fait qu'elle ne t'ait rien dit plus tôt. Après tout, vous n'étiez pas exclusifs, pas vrai ? Pas un couple, même pas des amis, à ton souvenir. Mais ça n'a pas empêché cette sensation de malaise de t'accrocher de l'intérieur. L'impression que tout se décomposait, un peu plus encore autour de toi.

Mais tu as appris à relativiser avec le temps. Alors c'est ce que tu as essayé de faire avec elle. Et c'est encore ce que tu essayes de faire aujourd'hui. Tu regardes les choses avec indifférence, même si intérieurement, ça te fait quelque chose. T'essayes de faire comme si ça n'avait aucune importance, alors que ce n'est pas le cas. Même si tu refuses de l'admettre, tu t'en rends compte, quand tu la croises à l'hôpital. Quand elle évite ton regard ou que tu évites le sien. Ou encore quand tu passes ta soirée seul, chez toi, parce que tu ne trouves plus l'intérêt de sortir. Parce que ta soirée, c'est pas avec n'importe quelle fille croisée au bar que t'aimerais la passer, mais bien avec elle, elle qui continue à t'occuper l'esprit alors que tu devrais juste l'oublier.

Mais c'est pas si simple. Et t'as beau essayer, tu y arrives pas.
Et t'as pas envie d'y arriver.

_________________
    i need you in my bloodstream
    ○○ Chills dripping like acid rain, Keep coming back ‘cause it's you I crave. Danger in our consequence, Look my way and I lose my. Hold me, break me, My breath is for holding, overdose me, I need you in my bloodstream.
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