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 ✰ let me drown in anger and hate (maxime.)

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THE KIDS AREN'T ALRIGHT


✰ messages : 7

MessageSujet: ✰ let me drown in anger and hate (maxime.)   Mar 3 Mar - 20:46



maxime jacobson

“You knew the game and played it, it kills to know that you have been defeated.”

nom ☆ jacobson, un nom auquel tu n'accordes aucune importance. prénoms ☆maxime, un nom banal pour une fille qui l'est tout autant. âge ☆ du haut de tes vingt-six printemps, tu n'as accumulé qu'échec après échec, erreur après erreur. le pire dans tout ça, tu t'en fiches complètement. statut civil ☆ t'es le bébé d'une famille trop nombreuse et dysfonctionnelle, mais les liens de sang, comme tant d'autres choses, tu t'en balances complètement. t'es célibataire et tu ne cherches pas à modifier la situation, vaut mieux qu'on te laisse tranquille.orientation sexuelle ☆ bisexuelle, t'imagines. peu importe en fait. profession ☆ tout ce que tu as entrepris, tu l'as échoué ou tu l'as lâchement abandonné, alors du coup, t'as arrêté d'essayer de te prendre pour une autre. au fil des années, tu t'es ramassée gérante d'un salon de bronzage, toi qui est incapable de bronzer sur le sens du monde puisque les seules teintes disponibles dans ta génétique sont pinte de lait ou homard et tu préfères encore ressembler à un bol de céréales qu'à un crustacé. puisque tu gères un salon plutôt miteux et peu côtoyé, tu arrondis les fins de mois avec un boulot de barmaid que tu détestes, mais qui t'empêche de virer folle toute seule dans ton salon à deux heures du matin caractère ☆ t'es bipolaire ou maniaco dépressive, c'est comme vous voulez l'appeler, diagnostiquée depuis que tu as quinze ans. tu prends de la médication depuis ce temps, mais ça a pris près de deux ans avant de trouver une dose qui te convenait complètement. aujourd'hui, tu mêles ta médication avec de l'alcool, ce qui n'est pas toujours une bonne idée vu les trips que tu te fais parfois, sauf que ça t'amuse plus que ça ne t'effraie désormais, tant que tu ne blesses personne d'autre que toi. tu ne veux plus personne dans ta vie, à moitié par peur de leur faire du mal, et de l'autre moitié parce que t'en as marre de n'être qu'une victime à leur yeux, une petite poupée dont on doit prendre soin. toi, t'as besoin de rien, ni de personne. les hommes, ce sont tes jouets sexuels, parce que les vibros, ça fait l'affaire un temps et puis t'en as marre, alors aussi bien prendre les hommes, faire ton affaire, et les jeter après, c'est plus marrant. avatar ☆ emma stone. crédits ☆ tumblr.
anecdotes ☆ Ta naissance n'a rien de voulu, probablement tout comme celle de ta sœur juste au-dessus de toi et celle de ton frère juste avant. Vous êtes les enfants #8, #9 et #10 respectueusement, probablement les quelques gouttes de trop dans le verre déjà bien plein de tes parents ✰ Le problème, c'est que tes parents n'ont jamais cru en la contraception, et puisqu'ils viennent d'un monde complètement parallèle au tien où la religion occupe une certaine place, il était dans leur devoir de polluer la planète avec un peu trop de leur descendance ✰ Ta mère avait déjà quarante-et-un ans lorsqu'elle est tombée enceinte de toi, les docteurs lui ont précisé que la grossesse était à risque et qu'il ne pouvait pas garantir ta santé, mais tes parents ont décidé de te mettre à terme tout de même, malgré le manque de ressources et de connaissances face aux possibles complications ✰ Fort heureusement, tu ne présentais aucun défaut de fabrication à ta naissance, ce qui leur a permis de te refiler à ton frère ainé Noah, qui s'est majoritairement occupé de toi et des bébés 8 et 9, Elliot et Evelyne ✰ Il y a d'ailleurs quinze ans de différence entre Noah et toi ✰ Tu n'as pas passé beaucoup de temps avec tes parents, pour être bien honnête, c'est à peine si tu connais ce couple aux nombreux enfants ✰ Tu es très proche d'Elliot et d'Evelyne et vous vous êtes tenus souder quand tous les autres semblaient être contre vous ✰ Tes parents n'avaient pas beaucoup d'argent alors souvent, tu étais vêtue des vieilles choses de tes sœurs et parfois, lorsque les plats de nourriture se rendaient jusqu'à toi, tu ne recevais que quelques miettes que tu devais encore partager avec Elliot et Evelyne ✰ Vous étiez les trois de trop et les autres aimaient vous le rappeler ✰ Il n'y avait que Noah toujours présent pour vous accorder un peu de temps ✰ Enfant, tu avais un caractère changeant et des sautes d'humeurs, mais ton frère et ta sœur géraient avec ça, se disant que tu avais un caractère plus difficile, tout simplement ✰ C'est à quinze ans que tu as fait ta première crise de bipolarité, suite à ton premier échec scolaire ✰ Tu ne t'en souviens que partiellement, le tout étant un peu flou dans ta mémoire, mais tu ne pourrais oublier le visage ensanglanté d'Elliot, son œil bouffi et son nez croche, encore aujourd'hui, t'es incapable de croire que c'est toi qui lui a fait ça ✰ Sur tes cuisses, il y a des marques, des cicatrices, de toutes ces fois où tu t'es fait mal sans trop t'en rendre compte, où tu t'es fait mal parce qu'il n'y avait que ça à faire pour t'empêcher de commettre l'irréparable ✰ C’est Noah qui t’a emmené voir un psychologue pour la première fois, après cette première crise ✰ Après quelques séances seulement, tu étais diagnostiquée bipolaire, quelque chose qui semblait peser lourdement sur tes épaules ✰ Tu ne t’es jamais vraiment pardonné ce que tu as fait à Elliot, ce qui a involontairement créer un creux entre vous deux ✰ À partir de ce moment, tu blâmais le moindre de tes comportements sur ta maladie ✰ Si tu ne réussissais pas à l’école et si tu n’étais plus motivée pour rien, c’était parce que tu étais bipolaire ✰ Si tu changeais constamment d’idées pour tes futures études, c’était aussi à cause de ça ✰ Tu avais seize ans lorsque tu as commencé à sécher tes cours assez régulièrement, et ce jusqu’à la fin de tes études secondaires ✰ C’est comme ça que tu as rencontré Hans, ton premier amour ✰ La première personne à avoir compris et accepté qui tu étais, avec tes imperfections et rêves ✰ Ton histoire avec Hans, elle s’est construite toute seule, naturellement, sans trop que tu comprennes pourquoi et elle s’est finie un peu sur la même note, avec un brin d’incompréhension ✰ Tu t’es longtemps cherchée, et t’as l’impression que c’est toujours le cas aujourd’hui ✰ Tu as essayé plusieurs branches, tentée de nombreuses écoles, pour toujours te retrouver à la case départ ✰ T’avais vingt ans lorsque t’es tombée amoureuse de nouveau ✰ C’était brutal, passionné, impossible de passer à côté ✰ Todd, tu l’avais dans la peau, il t’en faisait voir de toutes les couleurs, tu le détestais la moitié du temps, mais tu ne pouvais pas t’imaginer faire ta vie sans lui ✰ Au bout de quelques mois de relation, tu emménageais avec lui, le paradis et l’enfer mélangés ensemble, mais tu n’aurais rien fait différemment ✰ Même s’il y avait autant de hauts que de bas dans votre relation, tu n’avais jamais été aussi heureuse de ta vie que tu ne l’étais avec lui ✰ Jusqu’à ce que le tableau ne s’assombrisse d’une réalité bien plus noire que prévue ✰ Quand tu as appris que Todd te trompait, ton monde tel que tu le connaissais semblait s’être effondré sous tes yeux ✰ T’as pris un drôle de tournant depuis, plus certaine de celle que tu es, celle que tu veux être ✰ Toi qui suivait ta prise de médication à la lettre depuis ton adolescence, tu déconnes désormais ✰ Tu mélanges le tout avec l’alcool parfois, la drogue à d’autres moments, mais les trips que tu te fais parfois n’ont rien de jolis ✰ Tu sembles en vouloir à la terre entière; à Todd de t’avoir trompé, à Hans de te l’avoir dit, à Evelyne et Elliot de ne plus être là pour toi et à Noah d’avoir essayé de t’envoyer en cure de désintoxication ✰ Tu gères, plutôt mal, ton salon de bronzage qui ne rapporte presque plus rien ✰ Tu détestes être barmaid, mais tu serais incapable de subvenir à tous tes besoins si tu n’y travaillais pas en plus de ton boulot de jour ✰ Tu as ce goût amer dans la bouche, constamment, qui te rappelle que t’as tout fait foiré, que t’as tout raté ✰ Que t’es rien de plus que cette petite gamine qui se mutilait, incapable de réussir ✰ Tu carbures sur la haine, sur la rage, sur la déception amère ✰ Mais au fond, quelque part, se cache encore la petite fille qui ne demandait qu’un peu d’attention et d’amour.

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Dernière édition par Maxime Jacobson le Mar 3 Mar - 21:10, édité 2 fois
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THE KIDS AREN'T ALRIGHT


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MessageSujet: Re: ✰ let me drown in anger and hate (maxime.)   Mar 3 Mar - 20:51

“there's a long stretch of love coming down the line.”

― when i wake up i'm afraid ―

Paid that money, fake that dummy, ache my tummy. On the fence, all the time. Paid junk honey, face so sunny, ain’t that funny. All my friends always lie to me. I know they’re thinking. You’re too mean, I don’t like you, fuck you anyway. You make me wanna scream at the top of my lungs. It hurts but I won’t fight you. You suck anyway. You make me wanna die, right when I. When I wake up I’m afraid, somebody else might take my place

○○○


T’as le couteau dans les mains, tu sais plus trop pourquoi d’ailleurs. Il transperce ta chaire, mais il n’y a absolument plus rien qui peut te faire du mal désormais, tu ne ressens plus rien. Ta respiration est fébrile, ta vue est embrouillée par ces larmes qui inondent abondamment tes joues. Malgré tout, tu peux facilement voir le liquide rougeâtre qui se promène, tu le sens qui coule sur tes cuisses, qui se déversent lentement le long de tes jambes. Et puis tu paniques encore, un peu plus. Tu échappes l’arme du crime sur le sol, tes cris sont perçants, à glacer le sang de n’importe qui. Mais Elliot et Evelyne, ils n’ont plus peur de toi, du moins, c’est ce qu’ils aiment se faire croire le plus possible. Depuis le temps, ils se sont habitués à ces crises, ces évènements où tu n’es plus vraiment toi-même, où tu t’emportes pour un rien, comme ce soir. Les autres Jacobson, tu t’en fiches complètement, et eux, ils s’en foutent encore plus de toi. Tes parents, ils sont pas assez présents pour réaliser que tu as un problème, et un gros à part de ça. Ton frère et ta sœur ont appris à te calmer, ils savent comment gérer avec toi, normalement. Mais pas ce soir, pas cette fois. Tu ne pourrais pas expliquer ce qui s’est passé, tu n’en as pas la moindre idée en fait. Sauf que tu n’es pas la seule qui saigne cette fois, toi qui te contente normalement de t’en prendre à toi et à toi seule d’habitude. Elliot s’énerve dans la cuisine, il n’arrête pas de jurer et de te crier après, mais tu n’entends rien. Tu continues de crier, à ne plus avoir de voix. T’as plus de souffle, à crier et pleurer ainsi, mais ça ne t’arrête pas, ça ne t’arrête plus. Evelyne, elle ne sait plus où se mettre. La situation est trop catastrophique pour elle, comme elle le serait pour n’importe quelle gamine de seize ans après tout. Elle veut t’aider, mettre une pression sur ta cuisse pour arrêter tout ce sang qui coule encore et encore sur tes cuisses, mais tu l’empêches, tu t’entêtes, tu te débats. Tu ne veux pas qu’elle s’approche de toi, alors tu gueules, comme une folle. Tu as peur de lui faire mal, tu as peur de toi-même. Tu sais qu’avec le couteau, tu as fait une grosse marque sur la joue d’Elliot, tu te revois encore le faire, impulsivement. T’as carrément déliré, tu te souviens avoir pensé que tu voulais lui crever les yeux. T’arrives pas à y croire, tu ne veux pas y croire. Tu sais aussi que tu l’as frappé sur le nez, t’as entendu un bruit sourd. Tu l’as probablement cassé, son nez, et c’est à cause de ça que tu as dérapé, que tu as déliré. Le couteau, la joue de ton frère, ses mutilations multiples sur tes cuisses. Tu cris que tu as mal, tu cris que tu en as marre. Que tu pourrais en finir avec ta vie, là maintenant, sous leurs yeux impuissants, parce que t’as plus que ça à faire maintenant. « On s’en fiche de l’enfant numéro dix, tout le monde s’en fiche! » Tu t’exclames de manière incohérente, mais Elliot, il a arrêté de crier après toi soudainement. Plus personne ne fait un son, t’approches le couteau drôlement proche de ta gorge. Tu pourrais le faire, là tout de suite. Te trancher la gorge, sentir le sang couler sur ta poitrine, te laisser tomber mollement. Avoir mal, mais temporairement. Ne plus rien ressentir, laisser partir cette folie. T’as plus rien à perdre, tu le sais. Y’a cette voix dans ta tête qui te dit : mais vas-y, tu manqueras à personne, espèce de folle. Sauf que la porte s’ouvre et y’a Noah qui rentre dans la maison, évidemment. Sur tous les Jacobson, il fallait que ce soit le seul que tu apprécies qui entre. Et qui assiste à la scène. Son regard se pose d’abord sur ton frère, son visage ensanglanté, ce mélange de haine et de peur dans les yeux. Puis, le regard de Noah se pose sur Evelyne, elle qui a les larmes aux yeux, la panique habitant le moindre de ses traits. Puis, pour finir, il te regarde. Toi, la gamine qui a le couteau contre la gorge. La gamine un peu folle. Et puis, il y a tellement d’inquiétude dans son regard, ça te fait mal de le regarder. Tu relâches le couteau lourdement contre le sol, recommence à pleurer. Mais tu ne cries pas, non, tu ne cries plus. Noah s’approche de toi, et il t’enroule de la veste qu’il porte seulement quelques secondes auparavant. Il réussit à mettre une pression sur tes cuisses, arrêtant finalement le sang de couler et de s’étendre autour de toi. Tu te sens faible soudainement, vidée. Tu ne sais plus ce qui se passe, tu n’entends que des murmures autour de toi. Quand tu te réveilles à nouveau, t’es à l’hôpital. Ta mère et ton père y sont, mais c’est à peine s’ils osent te regarder. Tu peux lire la peur dans leurs prunelles, mais ça t’est égal. La seule personne que tu veux voir, c’est Elliot. « Hey. » Sa voix est endormie, mais t’es heureuse de l’entendre. Heureuse d’être vivante et définitivement plus calme. Tu ignores combien d’heures ou de jours sont passés entre ton délire et maintenant, t’es pas certaine que tu veux savoir en fait. Tes yeux croisent ceux d’Elliot. Il a eu des points de sutures sur sa joue droite et son nez est encore enflé, mais il semble en bon état. Toi par contre, t’es mal en point. T’as un soluté d’accrocher sur le bras et tu te sens encore étourdie. T’ose pas lever la couverture pour voir l’état de tes cuisses, mais tu devines assez bien l’étendue des ravages. Elliot attrape ta main, mais tu vois qu’il doute un peu, malgré lui. Tu ne peux pas lui en vouloir, même si ça te fait mal de réaliser que quelque chose s’est brisé entre vous deux, à cause de toi. À cause de cette petite folie dans ta tête, celle qui te fait réagir impulsivement, n’importe comment. Les larmes te montent aux yeux, malgré toi. « J’suis désolée Elliot, j’suis désolée. J’sais pas c’qui m’a pris…» Il se contente de faire de légers ssshh alors que tu te retiens pour ne pas éclater en sanglots à nouveau. Pour la première fois en quinze ans, on remarque que quelque chose ne va pas chez toi. Et tu sais pas trop si c’est bien, toute cette attention sur toi. Mais quelque chose doit changer, tu le sais trop bien. Tu passes plusieurs semaines à l’hôpital après cet incident, mais tu ne sembles pas représenter un trop gros risque pour ta famille puisqu’on te laisse retourner chez toi, après t’avoir ordonné de commencer une thérapie avec un psychiatre. On va te bourrer de pilules sous prétexte que t’as une maladie mentale et ça va devenir ton excuse préféré, ta bipolarité. Ce n’est que le début de ta vie, et pourtant, elle semble fichue d’avance. Les dés sont lancés et te reste plus qu’à assumer le reste de ta petite éternité en enfer.

― he'd told me i was beautiful―

Hey, those days are long gone. And when I hear this song it takes me back. We were on top of the world. Back when I was your girl. We were living so wild and free. Acting stupid for fun. All we needed was love. That's the way it's supposed to be. Seventeen

○○○


Hans, il te fait du bien. Tu ne peux pas t’expliquer pourquoi, c’est comme ça, tout simplement. Il est entré dans ta vie, subtilement, simplement, comme si c’était nécessaire, naturel qu’il en fasse parti. Et malgré tout, malgré ton caractère, malgré toi, il était resté, il s’était fait une place dans ta vie et soudainement, tu ne te voyais plus passé une journée sans avoir de ses nouvelles, sans voir son visage, ce petit air gêné, ses grands yeux expressifs. Hans, il avait compris, la première fois qu’il avait vu tes cuisses martyrisées par les coups de la vie que tu t’affligeais toute seule. Il n’avait pas demandé pourquoi, il n’avait pas posé de questions. Il s’était contenté de lever les manches de son chandail, et tu avais remarqué à ton tour quelques cicatrices. Certaines récentes, d’autres qui semblaient disparaître tranquillement sur sa peau pâle. Ça t’a fait de la peine, de savoir qu’un garçon comme lui pouvait se faire du mal ainsi, mais ça t’a fait du bien aussi, de savoir que quelqu’un, quelqu’un comme Hans pouvait te comprendre. Tu ne lui as jamais posé de questions à ce sujet, tu ne lui as jamais demandé pourquoi il en était arrivé là, comment ça avait été pour lui, la première fois qu’il avait senti la lame sur sa peau. Et Hans lui, il avait jamais posé de questions non plus. T’as souvent eu envie de lui dire pour cet épisode. Celui où t’as passé proche de tuer ton frère, cette fois où tu voyais plus l’intérêt de vivre. Mais chaque fois, il pose ses yeux sur toi, il t’offre un sourire et sa main à tenir, et t’as pas envie de parler des misères qui te suivent dans ce monde. T’as seulement envie d’être bien quelques instants, avec le gamin. Des gamins, c’est ce que vous êtes vraiment. Du haut de vos dix-huit et dix-neuf ans, mais ça n’a pas d’importance. Avec Hans, tu oublies les responsabilités, les attentes que les autres ont de toi. Tu l’as rencontré alors que vous séchiez les cours, chacun de votre côté. Une rencontre au hasard, mais Hans, il était exactement ce dont tu avais besoin. Au début, il n’y avait pas de sous-entendu entre vous deux. Des amis. Quelqu’un à qui on peut parler sans avoir l’impression de se faire juger, sans avoir l’impression d’être obligé d’être quelqu’un qu’on est pas, qu’on ne veut pas être.

Puis au fil du temps, après chaque journée passée, tu te demandes. S’il n’y a pas quelque chose là, tout compte fait. Et un jour ta main trouve la sienne, tes lèvres goûtent ses lèvres, et c’est bon. Vous n’avez jamais pris le temps de définir ce que c’était, mais c’est là, et c’est tout ce qui compte. Quand il s’endort près de toi, sa main qui caresse tes cheveux, t’oublie que c’est le bordel en dehors. Que t’as encore lâché ton cours, que t’as aucune idée de ce que tu veux faire de ta vie. Que tes parents sont sur le point de te mettre dehors s’il n’y a pas un changement dans ton comportement. Qu’Evelyne, elle réussit tout ce qu’elle entreprend alors que tu te contentes de la jalouser de loin. Et quand tout devient trop lourd, Hans, il te redescend sur terre et il allège le poids sur tes épaules, et t’es même pas certaine qu’il se rend compte du bien qu’il peut te faire. « Max? » Y’à la voix de ton frère qui te sort de tes pensées. Tu te souvenais même pas que t’étais dans le salon en train d’écouter une émission ringarde. T’as simplement décroché quand tu as commencé à penser à Hans, comme tu le fais souvent. Ton regard est vide lorsque tes yeux se posent sur Elliot et ce dernier semble soudainement inquiet. « T’as pris ta médication aujourd’hui? » Et cette question, elle te ramène sur terre complètement. Tu lâches un soupir, l’air complètement emmerdée par la remarque de ton aîné. « Oui Elliot, j’ai pris ma médication. » Il hausse les épaules, l’air de dire qu’il vaut mieux demander plutôt que de prendre une chance que tu refasses une crise. Et tu sais qu’il n’a pas tort de s’en inquiéter, mais chaque jour, quelqu’un te pose cette question. Quand c’est pas lui, c’est Evelyne. Quand c’est pas Evelyne, c’est Noah. Et ainsi de suite, ce qui fait qu’au final, tu en as un peu marre d’entendre parler de ta médication. « Y’a Hans dehors, il t’attend. » Tu fronces des sourcils. Pourquoi est-ce qu’il attend dehors alors qu’il pourrait être dans la maison? « Pourquoi tu ne l’as pas fait entrer? » « J’lui ai proposé. Il m’a dit qu’il préférait t’attendre à l’extérieur. » Tu te lèves d’un bond, écrase un baiser sur la joue de ton frère un peu spontanément avant de sortir de la maison. T’aperçois assez vite le jeune homme qui est à quelques mètres de la porte d’entrée, qui semble tourner en rond. Tu ne dis rien, te contente de t’approcher de lui et tu te blottis dans ses bras et soudainement, tout va mieux. Tu lèves la tête légèrement, tes yeux croisent les siens alors qu’il dépose un léger baiser sur tes lèvres. « Tu veux pas rentrer? On pourrait écouter un film, il fait plutôt froid aujourd’hui. » Tu n’as même pas le temps de finir de lui proposer ton idée qu’il hoche déjà négativement de la tête, et t’es pas certaine de comprendre pourquoi l’idée lui paraît si déplaisante. « J’avais plutôt envie d’aller marcher sur Beale Street. Il y a une nouvelle galerie d’art, ça te dis? » Tu remarques le rouge sur les joues du jeune homme, mais tu te dis que ça doit être à cause du vent, tu ne peux pas t’imaginer qu’il soit gêné pour une raison ou une autre. « Laisse-moi aller prendre une veste et on y va. » Tu l’embrasses à nouveau avant d’entrer en quatrième vitesse dans la maison. T’as juste envie d’être avec lui après tout, peu importe ce que vous faites.



+ + +


Y’a quelque chose qui cloche. C’est pas lui qui va te le dire, mais tu le vois, tu le sens bien que tout n’est plus comme avant. Certes, avec le temps, les relations changent, tout le monde le dit tout le temps, mais… Mais. Hans, il ne te regarde plus comme avant. Il ne te parle plus comme avant non plus. T’as l’impression que chaque fois que tu lui demandes pour le voir, t’es énervante. Possessive ou quelque chose dans le genre. Comme si tranquillement, tu venais à la réalisation que t’as plus envie de le voir que lui n’a envie de te voir. Et au début, ça te faisait de la peine. Tellement de peine. Tu cherchais une raison, un motif, quelque chose que tu aurais pu faire qui lui aurait déplut ou n’importe quoi. Et puis après un moment, tu t’es demandée si ce n’était pas tout simplement qui tu étais le problème. Toi, petite gamine bipolaire aux comportements plutôt imprévisibles. Et finalement, t’as arrêté de te prendre la tête avec ça. Parce qu’au final, ça ne servait pas à grand-chose. Que si quelque chose n’allait pas, c’était à lui de t’expliquer pourquoi et que même si tu commençais à te faire toutes les peurs possibles et inimaginables, ça ne changerait rien sur les faits. Tu avais donné rendez-vous au jeune homme au Hard Rock Café, endroit où vous alliez souvent au début de votre relation, lorsque vous séchiez ensemble les cours. Ces souvenirs te semblaient si loin désormais, tellement de choses s’étaient produites entre temps. Tu étais tombée amoureuse de lui, du moins, c’est ce que tu espérais être de l’amour. Ces petits papillons au fond de ton ventre, cette envie constante de le voir, de lui parler. Avoir besoin de lui, pour te sentir mieux. Pour aller mieux. Pour reprendre tranquillement le goût à la vie. Et désormais, rien de tout ça ne semblait définir véritablement votre relation. C’était plutôt l’absence, ce goût amer que laisse l’effacement d’un être dont on a toujours autant besoin. Chercher à s’accrocher sans trop savoir à quoi l’on s’accroche vraiment. Avoir besoin de l’autre plus qu’il n’a besoin de nous. Ne pas comprendre ce qui a changé, ce que l’on pourrait faire pour arranger la situation. Se demander si l’on veut vraiment la changé tout compte fait, la situation. Alors à un moment ou un autre, on se rend à l’évidence, tout simplement. Et on attend. Des mots peut-être, quelques explications. On essaye de se convaincre qu’on est prêt pour la fin. Mais tu ne peux t’empêcher de te demander si on y arrive vraiment au fond, à être prêt.

« Hey. » Tu lèves la tête lorsque tu aperçois Hans qui s’assoit devant toi. Pas de baiser comme avant, à peine un petit sourire est échangé alors qu’il s’attarde machinalement à son menu. Tu ne pensais pas que ça ferait mal ainsi, l’indifférence. Tu mords l’intérieur de tes joues pour ne pas pleurer, pour ne pas te laisser submerger par cette vague soudaine d’émotions trop intense. Tu voudrais prendre une pilule de plus, juste pour que ça te gèle complètement, que tu arrêtes de ressentir quoique ce soit, mais il y a cette petite voix dans ta tête qui te cri que ce n’est pas la solution, que c’est loin d’être une bonne idée. Que même si la fin semble plus qu’évidente, Hans, c’était ton ami avant d’être ton amoureux, et que la simple idée de le perdre complètement, ça te donne mal au cœur. Et que t’as besoin de savoir que tout n’a pas besoin de s’arrêter là, tout de suite. « Ça va? » Sa voix est faible, c’est une tentative de conversation, de faux-paraître alors que toi, t’as besoin que les vrais choses se disent sans plus attendre. « Toi et moi. Ça marche plus vraiment, pas vrai? » Les yeux du jeune homme se baissent à nouveau dans son menu. Il te connaît après tout, il sait que tu n’es pas le genre à tourner autour du pot, mais tu le connais aussi Hans. Il ne veut jamais faire de mal à personne, il préfère souffrir en silence que de blesser une autre personne. Mais si vous ne dites rien, si vous ne faites rien, tu sais trop bien que vous allez finir par vous détestez de n’avoir rien dit, et tu ne pourrais le supporter. « J’sais pas quoi te dire Max… » Il n’y a rien à dire, tu le sais bien. Alors tu te contentes d’hausser les épaules et de continuer de te mordre l’intérieur de la joue, si fort que tu commences à goûter le sang qui se promène dans ta bouche. Ça t’écoeure, mais tu ne dis rien. Tu préfères encore ça à l’idée de pleurer devant lui, dans cet endroit. « T’es distant Hans. Et je crois… J’crois que si tu veux plus être avec moi, j’ai le droit de savoir pourquoi. » Parce que moi non plus je veux plus être avec toi, pas si t’es comme ça. Pas si je dois te forcer à faire quoique ce soit. J’tiens trop à toi pour ça, tu sais? Mais tu peux pas m’empêcher d’avoir de la peine alors que t’es prêt à partir. J’peux le lire dans tes yeux, tu sais? « Je sais pas.. J'sais même pas pourquoi. J'suis désolé.. » Tu prends une grande respiration, essaye de comprendre ce que ça veut dire, mais bien vite, tu abandonnes. Au fond, tu tiens pas tant que ça à savoir. Tu prends une dernière gorgée de ton verre d’eau, et tu te lèves. Les yeux d’Hans te suivent et tu t’approches de lui, une dernière fois. Tu déposes un léger baiser sur sa joue. T’es drôlement calme pour une fille qui vient de se faire laisser, indirectement. La décision s’est prise à deux, mais c’était un peu plus son choix que le tien, malgré tout. « À la prochaine Hans. » Tu lui offres un sourire avant de sortir du restaurant, rapidement. Et dès que t’es à l’extérieur, il y a une larme qui coule sur ta joue. Une seule, que tu fais disparaître rapidement. T’as vécu quelque chose de beau avec Hans et comme le reste de votre histoire, la fin s’est pointée le bout du nez, subtilement, simplement. Comme une putain d’évidence.

― let's be alone together ―

You cut me off, I lost my track. It's not my fault, I'm a maniac. It's not funny anymore, no it's not. My heart is like a stallion. They love it more when it's broke in. Do you wanna feel beautiful? Do you wanna? Yeah! I'm outside the door, invite me in. So we can go back and play pretend. I'm on deck, yeah, I'm up next. Tonight I'm high as a private jet

○○○


« Tu fous quoi Maxime? Y’a la banquette au fond qui attend après toi depuis dix minutes déjà. » Tu regardes ta patronne, les sourcils froncés l’air de dire que t’es déjà dans le jus et que tu cours d’un côté et de l’autre depuis tout à l’heure, mais tu n’as même pas le temps de lui demander de mettre une autre serveuse sur le cas qu’elle a déjà disparu. Tu lâches un soupir, offre un sourire poli au couple que tu es en train de servir et leur dit que s’ils ont besoin de quoique ce soit de ne pas se gêner. Ça fait quelques mois déjà que tu es serveuse, et tu t’en sort plutôt bien. Certes, ce n’est pas la carrière d’une vie, mais pour l’instant, alors que tu cherches encore ce que tu veux faire, ça fait la job. Ça fait bientôt un an que tes parents t’ont mis dehors, gentiment comme ils s’amusent à le dire. Depuis, tu restes seule en appartement et tu te débrouilles comme tu peux, avec les moyens que tu as. Ça fait plusieurs mois que tu n’as plus de nouvelles de Hans, ton premier amour. Il te manque, parfois. Mais tu ne peux t’empêcher de te dire que c’est probablement ainsi pour le mieux. Mentalement, tu t’en sors. Pas aussi bien que lorsque tu avais Hans, mais pas aussi mal que lorsque tu n’avais pas de médication. Puisque t’es toute seule, les crises sont plus faciles à gérer, mais heureusement, elles ne sont pas très fréquentes. Elliot et Evelyne passent beaucoup de temps avec toi, ça fait du bien de savoir que tu peux compter sur eux même quand tu as l’impression que le reste du monde t’a tourné le dos. Et puis y’a Noah, qui vient toujours sans s’annoncer et qui remplit ton frigo parce qu’il a peur que tu meurs de faim à un moment ou un autre. Comme un père le ferait. Tu souries à la pensée de ton frère alors que tu te diriges vers la banquette du fond où tu es surprise d’apercevoir une gang de garçons, tous âgés environ de vingt-deux à vingt-cinq ans. Et c’est à peine si tu as le temps d’arriver qu’ils te regardent tous comme si tu étais le menu du midi. Tu sors ton carnet pour prendre les commandes alors qu’il y en a un qui se penche vers l’autre pour faire une remarque, tout en regardant directement dans les yeux. Tu lèves les yeux au ciel, mais tente tout de même de ne pas trop démontrer ton agacement face à ce comportement typiquement masculin.

Tu parviens à prendre la commande, sans trop d’accroche, fort heureusement. Certes, il y a le commentaire déplacé ici et là, mais tu ignores alors que tu offres un service que tu veux le plus aimable possible sans tomber dans le cliché de la serveuse légèrement trop charmante. Tu continues de courir ici et là, d’apporter les commandes et de répondre aux demandes incessantes des clients alors que seulement deux minutes après que tu aies été porté les commandes à la banquette du fond, tu vois l’un deux te faire un signe de main, l’air de te demander de revenir vers eux, ce que tu fais non sans échapper un soupir de découragement. « Excuse-moi? » Tu arrives à la hauteur de la table, fait apparaître un sourire forcé sur tes lèvres. Tu es loin d’être la fille la plus patiente et ce job te force souvent à te mordre la langue et te la fermer pour le plaisir des clients, mais eux, ils commencent royalement à te tomber sur le système. « Oui? Il vous manque quelque chose? » Et encore une fois, il y en a un qui vient faire un commentaire dans l’oreille d’un autre, mais t’es surprise quand c’est celui du milieu qui prend finalement la parole. Il paraît plutôt bien, avec ses cheveux pâles en bataille, ses yeux clairs et ce sourire en coin, mais tu vois tout de suite que ce mec, il a l’habitude de plaire et t’as pas du tout l’intention de te laisser parler comme à une autre fille qu’il draguerait ouvertement dans un bar ou tout autre endroit. « Une petite partie de toi peut-être. C’est quoi ton nom? » Il t’offre un de ses sourires à cent dollars alors que tes yeux s’agrandissent. À côté de lui, ses amis s’exclament de rire, mais tu demeures calme. Du moins, physiquement, parce que c’est pas l’envie qui manque de lui en foutre une entre les deux. Mais t’as un peu plus de difficulté à contrôler tes paroles. « J’m’appelle va te faire foutre. Autre chose avec ça? » Tu lui offres à ton tour un sourire, mais plutôt le genre ironique alors que les autres mecs éclatent de rire, une fois de plus. À ta plus grande surprise, le blond semble satisfait de ta réponse alors qu’il s’avance un peu sur son siège. « Y’à rien de plus sexy qu’une jolie fille qui parle mal. » Tu roules les yeux, c’est pire qu’une mauvaise scène de cinéma, et t’as pas du tout l’intention de perdre du temps avec un type dans son genre. « Sérieux? T’as rien de plus brillant à dire? » « Non, j’avoue que tu me laisses sans voix. » Tu éclates de rire et te retourne vivement, ils ont eu leur nourriture après tout, t’as rien de plus à leur offrir. Tu essayes de ne pas te concentrer sur eux alors que tu continues de desservir une autre table pas loin, mais tu ne peux t’empêcher d’entendre les éclats de rire. Tu ignores combien de temps ils passent là, dans le resto, à reprendre des boissons qu’ils commandent désormais à une autre serveuse. T’es sur le point de partir, ton shift étant terminé lorsque tu entends ton nom. Tu te retournes, t’es surprise de voir qu’il ne reste que le blond à la table, et qu’il connait ton prénom. « Qu’est-ce que tu veux? » T’es plus habillée en serveuse, t’as terminé ton shift et t’es maintenant rien de plus qu’une simple cliente. Tu peux parler comme tu veux et te foutre complètement de l’homme qui prend place devant toi. Il est grand, drôlement grand à côté de toi, et y’a pas à dire, il est pas laid. Mais les grandes gueules dans son genre, t’aimes mieux les faire chier que les côtoyer. « J’peux t’inviter à sortir tout de suite ou tu préfères que j’t’appelle? » « Quoi? » Il te branle une serviette de papier sous les yeux sur laquelle est inscrite ton nom complet et ton numéro de téléphone. Tes yeux s’agrandissent, t’arrives pas à y croire. « Qui t’as donné ça? » Il fait un signe de la tête vers l’autre serveuse, Kalie, que tu croyais être ton amie. On a pas tous la même définition du mot ami, définitivement. « Dans tes rêves. » Tu ne lui laisses même pas la chance de rajouter quoique ce soit que tu lui arraches la serviette des mains, sortant en trombe du restaurant. Tu embarques dans ta voiture sans plus attendre, démarre rapidement et il disparaît. Malheureusement, ou heureusement, il ne disparaîtra pas pour longtemps. Et ce mec, c’est le début de quelque chose. Quelque chose de grand, de gros, de fous. Complètement débile.


+ + +



Tu ne sais pas ce qui t’as pris. De dire oui. Mais tu l’as fait. Il y a de cela deux ans maintenant. Un instant de folie probablement, ils te définissent si bien ceux-là. Quand le blondinet t’a appelé, tu ne savais même pas son nom. Tu savais simplement qu’il était charmeur et qu’il avait un sourire en coin qui devait en faire craquer plus d’une, toi y compris malheureusement. Beau, mais arrogant. Telle avait été ton impression du jeune homme qui, contre toute attente, t’avait rappelé pour te proposer un autre rendez-vous. Tu pensais qu’en aillant pris la serviette de papier, il n’aurait pas ton numéro, mais tu n’avais pas pensé qu’il aurait eu le temps de rentrer le dit numéro dans son téléphone avant de se vanter de ses acquis. Et comme une conne, t’avais dit Okay lorsqu’il t’avait proposé d’aller prendre un café, ce à quoi il avait répondu : « Je m’appelle Todd, by the way. » Tu avais ris. Et à ce moment, tu savais que même si c’était un homme arrogant, un beau parleur et exactement le genre de mecs que tu évites en temps normal, tu étais tombée sous le charme, comme une débutante. C’était facile pour toi, de te souvenir. De te ressasser tous ces moments passé ensemble, de te refaire une mini-chronologie des deux dernières années, de venir piger dans tous les souvenirs qui s’empilaient les uns par-dessus les autres, pas toujours joyeux, mais assez mémorables. La relation que tu partageais avec Todd n’avait rien à voir avec l’amour que tu avais eu avec Hans. Ça en était loin, tellement loin. Mais c’était quelque chose qui était plus à ton image, malgré tout. À votre image. Passionnée. Fougueuse. Désespérée. Ce n’était pas simple comme ça avait pu l’être avec le jeune Leewis-Cohen, non, c’était compliqué, constamment. Et il était rare que vous arriviez à être d’accord, peu importe le sujet. Et tout semblait être un sujet de dispute. Avec Todd, il y avait les hauts, et y’avait les bas. Ces bas qui sont désolants, déprimants, tellement profonds que parfois, t’as l’impression que tu vas y rester. Mais ensuite, y’a toujours un haut, le revers de la médaille. De se sentir comme une putain de princesse, avoir cet impression que personne d’autre ne serait capable de t’aimer de cette façon si particulière que lui il a de t’aimer. Alors tu t’accrochais. Même si parfois, ça ne faisait pas de sens. Même si parfois, ça te donnait le tournis. Tu t’accrochais parce qu’il t’emmenait plus haut que les étoiles, parce qu’il t’en faisait voir de toutes les couleurs. Parce qu’avant lui, ta vie te défilait sous les yeux en noir et blanc et que t’avais besoin de l’arc-en-ciel de couleurs. Parce que Todd, avec son sourire en coin, il avait volé ton cœur, sans même te demander la permission.

Ça fait quelques semaines que tu as commencé à travailler comme gérante dans un salon de bronzage. Aujourd’hui encore, tu ne sais pas trop si tu aimes ce que tu fais. D’un côté, tu ne peux t’empêcher d’être jalouse de Todd. De cette passion qu’il a pour la boxe, de savoir que c’est ce qu’il veut et ce qu’il va faire de sa vie alors que de ton côté, t’es complètement indécise, aucunement motivée à faire quoique ce soit de concret. Alors tu enchaînes les boulots, tu essayes de rendre ça rentable pour être le plus possible en mesure de suivre le rythme de vie du jeune Buckley, même si c’est complètement impossible. Entre l’argent qu’il s’est fait à l’armée et sa popularité dans le domaine de la boxe, il est évident que Todd ramène bien plus d’argent que toi. Parfois ça te dérange, parfois tu ignores tout simplement le fait. Ton boulot de gérante, c’est plutôt simple. Le salon n’est pas très populaire alors c’est plutôt tranquille. La propriétaire parle de te laisser le salon à ta charge. T’aimerais peut-être ça, avoir quelque chose à toi. Comme Todd. T’as le nez dans ta paperasse lorsque tu sens deux bras qui t’enlacent, des lèvres qui se posent contre ta joue. Tu relèves la tête légèrement, attrape son visage entre tes deux mains et tu l’embrasses langoureusement, au beau milieu de la cuisine. Parce qu’il n’y avait pas de juste milieu avec Todd. C’était tout ou c’était rien. Et le tout, il avait franchement bon goût. « Tu arrives de où comme ça? » Tu ne lui fais pas la morale, non, loin de là. T’es simplement curieuse, ça t’avait fait étrange de rentrer dans un appartement vide. L’appartement que vous partagiez depuis quelques mois n’avait rien du grand luxe, mais c’était votre petit chez-vous confortable et réconfortant. « J’avais envie de te faire une surprise. » Ce n’est pas ce à quoi tu t’attendais, mais tes lèvres s’étirent en un long sourire. C’est à ce moment que tu remarques qu’il tient une boîte dans ses mains, qui a la forme d’une boîte à chaussure. Et la première chose que tu remarques, c’est les petits trous sur le dessus de la boîte, et le fait que celui-ci bouge. Il te l’a tend et tu cris légèrement, d’excitation et de joie, lorsque tu aperçois la petite boule de poil rousse qui se cache sous le couvercle. Todd éclate de rire alors que tu prends le petit chaton dans tes bras, lâchant ainsi la boîte sur le sol. « Tu m’as acheté un chat? » T’es complètement énervée, hystérique de joie alors que tu te fais tout simplement pas à l’idée que le jeune Buckley ait décidé de t’offrir un chat comme ça, par le plus grand des hasards. Ça faisait plusieurs fois que tu lui disais que t’aimerais avoir un animal de compagnie, mais t’aurais jamais pensé qu’il le ferait vraiment, comme ça. « Tu veux l’appeler comment? » Tu hausses les épaules, t’en as pas la moindre idée. T’aurais jamais cru, t’aurais jamais pensé. T’es sans mot, tu te contentes de le regarder droit dans les yeux, petite boule de poil dans les mains. Le chaton est calme, docile, il se laisse flatter tout en ronronnant. « C’est un p’tit gars. » Tes yeux se posent sur le chaton, tu continues de sourire comme une folle. T’as un chat, parce que Todd a décidé qu’il t’offrait un chat. Ça ne fait pas de sens, c’est complètement débile. Il est complètement débile. « Chuck. » La petite boule lève les yeux, comme s’il se reconnaissait déjà, et tu échappes un petit rire. Tu le déposes sur le sol et il en profite déjà pour courir ici et là, découvrant au fur et à mesure chaque petit recoin de votre appartement, de sa future maison. Tu sautes dans les bras de Todd, enroule tes jambes autour de sa taille alors qu’il t’attrape par les fesses. Et tu l’embrasse, passionnément. Parce qu’autant que tu l’aimes en ce moment, autant tu vas le détester demain pour une raison ou une autre, tu le sais. Vos langues se retrouvent dans une valse déchaînée et ses pas vous emmènent vers la chambre à coucher. Il te dépose sur le lit avant de prendre place sur toi et de recommencer à t’embrasser, se permettant d’oser toujours un peu plus. Tu te laisses aller, t’es tellement bien dans la chaleur de ses bras. T’as besoin de rien de plus. T’as Todd, c’est le plus important.

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THE KIDS AREN'T ALRIGHT


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MessageSujet: Re: ✰ let me drown in anger and hate (maxime.)   Mar 3 Mar - 20:56

― i want to teach you a lesson in the worst kind of way―

Anything you say can and will be held against you. So only say my name. It will be held against you. Anything you say can and will be held against you. So only say my name. If heaven's grief brings hell's rain. Then I'd trade all my tomorrows for just one yesterday. I know I'm bad news. I saved it all for you. Oh, I want to teach you a lesson in the worst kind of way. Still I'd trade all my tomorrows for just one yesterday.

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L’ambiance est chaude, mais ce genre de chaleur que tu aimes partager normalement avec le jeune Buckley. Non aujourd’hui, il n’y a aucune limite sur ce qui se dit, sur ce qui se fait. Il te provoque, tu le cherches un peu plus. T’as pas l’intention de le laisser prendre le dessus comme il sait si bien le faire d’habitude, tu en as marre de son caractère, de ce tempérament qui te fait peur parfois. Dans les derniers mois, les choses ont bien changé avec Todd. Ou devrais-tu dire que c’est plutôt le jeune homme qui a changé. Depuis que Todd s’est amoché les mains dans une bagarre et que ses rêves sont tombés sur le champ, il n’est plus le même. Tu peux comprendre, du moins, tu essayes de faire du mieux que tu peux pour comprendre ce que vit le jeune homme. Sauf qu’il ne te parle plus, plus vraiment. Il est là, mais ce n’est qu’une parure, une illusion. Tu fais des efforts. T’es présente. Tu en fais le plus possible pour lui rendre la vie facile, mais rien de ce que tu fais ne semble suffisant. Les chicanes sont toujours présentes entre vous, mais il y a quelque chose qui est différent. Parce qu’il n’y a plus tous ces moments tendres qui venaient compenser pour les difficultés de votre quotidien. Non, chaque jour, c’est simplement un peu plus difficile que la journée d’avant. Et tes réserves de patience s’effritent, tranquillement pas vite, et t’as moins envie de rentrer le soir, t’as plutôt envie de te cacher, pour ne pas avoir à subir les tourments de l’amertume et de la colère que Todd transporte avec lui à chaque jour, comme un fardeau qui pèse lourd sur ses épaules. Mais avec le temps, t’as appris à fermer ta gueule, le plus possible. Pour éviter les situations qui dégénèrent, pour rendre l’ambiance à l’appartement le plus vivable possible. Mais t’es pas toujours en mesure de te mordre la langue pour t’empêcher de dire ce que tu penses vraiment de son comportement, de cette façon de te parler parfois comme si t’étais qu’une moins que rien, ou de simplement ignorer ta présence comme si tu n’étais rien de plus qu’un meuble du salon. Et parfois, tout se déchaîne autour de vous.

Et parfois, ça pète. Ça explose. Et ça fait mal, tellement mal. Dans le milieu du salon, tu continues de crier, comme une folle. Pour une fois, tu veux qu’il t’entende, tu veux qu’il te prenne en considération. T’es pas là seulement pour faire belle, pour lui offrir quelques minutes de plaisir quand monsieur le désire et rien de plus. Vous n’avez plus de plans d’avenirs, vous êtes tous les deux un peu paumés, plus rien dans votre quotidien ne fait de sens. Mais au lieu de se refaire, au lieu de repartir à neuf, de se trouver de nouveaux rêves, de nouveaux projets, de nouveaux défis, vous périssez tous les deux, sur l’amertume et la déception de savoir que les plans auparavant établis ne sont plus que des cendres d’un feu qui a détruit tout ce que vous désiriez vraiment, tout ce que le jeune homme voulait vraiment. Mais ça ne te suffit plus comme raison pour tout laisser pourrir autour de toi. Ce n’est plus une assez bonne raison à tes yeux pour expliquer son manque d’attention à ton égard, ce vide qui s’est lentement incrusté entre vous deux. Alors tu cries, tu ne sais même plus ce que tu dis, mais il va t’écouter pour une fois. « MAXIME ARRÊTE DE GUEULER. » Il répond, encore plus fort. Normalement, tu arrêterais, tu te reculerais et  tu disparaîtrais dans la chambre, le temps qu’il se calme. Mais il ne se calme plus vraiment désormais, vous ne faites qu’arrêter de parler, tout simplement. Prétendre comme si rien de tout ça ne s’était vraiment produit alors que ça devient plus difficile d’oublier après chaque fois. Alors tu ne te recules pas, tu ne te recules plus. Au contraire, tu avances, toujours un peu plus près de lui. « NON! J’ARRÊTERAIS PAS DE GUEULER TANT QUE TU COMPRENDRAS PAS QUE J’EN AI ASSEZ. » Il s’approche lui aussi, l’air méchant, l’air baveux, un sourire mesquin sur les lèvres. Il t’agrippe durement par le bras, il te retient. Tu peux presque sentir ses doigts qui laissent une marque sur ta peau, mais t’es complètement immobile.   « Mais j’te retiens pas Max, la porte est là, si c’est ce que tu veux. » Il te lâche aussi, il échappe un rire mauvais. Tu reçois les mots comme une claque en plein visage, t’aurais jamais cru que vous en arriveriez là tous les deux. Ça te désole, complètement. Tes yeux se remplissent d’eau, mais tu te retiens de ne pas pleurer. Tu ne seras pas la petite fille faible devant lui, non, pas une fois de plus. « T’es pathétique Todd. Franchement pathétique. » Tu ne sais pas si c’est parce que tu es proche ou parce que si tu l’as vraiment cherché. Tu ne sais pas si Todd y a pensé avant de le faire. Tu ne sais rien du tout après tout. Tu ne fais que ressentir. Le mal, la douleur, qui semble partir de ton visage et se propager partout dans ton corps, coulant dans ton sang, dans tout ton être. Tu sens le poing de Todd contre ton visage, le coup tellement puissant que tu fais plusieurs pas par l’arrière. Ton œil t’élance, tu n’es plus capable de l’ouvrir. Tes mains le couvrent instinctivement, alors que tu trembles, à quelques mètres du jeune homme. Lui, il te regarde l’air paniqué. Il ne comprend pas ce qui vient de se passer, et toi non plus d’ailleurs. Tu peux lire la peur dans ses yeux, le regret, l’incompréhension. Tu le regardes, mais tu ne reconnais plus totalement l’homme devant toi. Ce n’est plus celui dont tu es tombée amoureuse, plus vraiment du moins. Il fait un pas vers toi, mais tu recules, instinctivement. Tu ne veux pas qu’il te fasse mal, non, pas encore. Tu ne pourrais pas le supporter. « Max, excuse-moi… J’sais pas ce qui s’est passé, j’suis tellement désolé. J’voulais pas faire ça, j’voulais pas dire ça, j’te jure. » Tu sens les larmes qui te montent aux yeux, tu sais plus quoi penser de tout ça, de cette situation qui ne fait tout simplement pas de sens. Il s’avance une nouvelle fois vers toi, mais cette fois, tu ne recules pas. Tu le laisses s’approcher, jusqu’au moment où il te prend dans ses bras. « Crois-moi quand j’te dis que j’voulais pas t’faire mal Max, c’est vrai. J’t’aime, j’t’aime tellement. » Il te serre si fort, t’arrives pas à douter de son amour pour toi, malgré cette voix dans ta tête qui te dit que c’est des conneries, que tu devrais dégager avant que la situation ne dégénère un peu plus. Sauf que tu restes là, dans ses bras, un peu plus longtemps, et tu finis par taire cette voix. « J’t’aime aussi Todd. » Tu voudrais oublier la douleur, mais tout te fait mal. Ton œil, ton cœur, ton être en entier. Tu ne sais plus ce que tu fais. Tu ne sais plus ce que tu veux. Et pire que tout, tu ne sais plus qui tu es.


+ + +


T’as essayé de le cacher comme tu peux, ce putain d’œil au beurre noir. Parce que ce n’est pas le genre de blessure que tu peux expliquer en inventant un quelconque accident, excepté évidemment le bon vieux coup de la porte qui s’est ouvert dans ta face. Sauf que tu sors pour voir ton frère et ta sœur, et t’as jamais été capable de mentir devant Elliot et Evelyne, ils te connaissent trop, exactement comme s’ils t’avaient créé. Alors t’as appliqué plusieurs sortes de fond de teint, t’as essayé de maquillé les alentours, tellement que tu as l’air d’un clown, simplement pour pas qu’il ne remarque le contour de ton œil qui est encore bleu pâle. Quelques jours se sont écoulés depuis l’incident avec Todd, la couleur a eu le temps de disparaître un peu, mais pas autant que tu aurais voulu. Tu sais que malgré tes tentatives de le couvrir, ils vont te poser des questions, et t’es pas certaine d’être en mesure de répondre sans tout leur raconter ce qui s’est passé. Tu hésites soudainement, tu te demandes s’il ne vaudrait pas mieux pour toi et pour ta santé mentale de ne tout simplement pas aller à cette soirée organisée. Sauf que c’est la fête de ta sœur et ça fait une éternité que vous ne vous êtes pas vus, une éternité que vous n’avez pas été mangé un morceau tous les trois, vous qui étiez pourtant inséparables pendant l’enfance et une grande partie de l’adolescence. Mais au final, la vie finit toujours par se mettre aux travers des meilleures relations et toi qui prenait toujours le temps pour donner des nouvelles à Evelyne et Elliot, c’est à peine si tu prenais le temps désormais pour leur envoyer un texte message disant que tu es toujours en vie, que tu prends toujours ta médication correctement et que oui, tu t’ennuies d’eux. Celui dont tu avais le plus souvent des nouvelles, c’était Noah, parce que c’est lui qui continuait de payer pour ta médication, bien que tu lui aies proposé à de nombreuses reprises de prendre charge toi-même de cela, et aussi parce qu’il était toujours du genre à débarquer chez toi à l’improviste, pour s’assurer que tu allais bien et que Todd ne te maltraitait pas trop. Si seulement il savait.

T’es la dernière a arrivé au restaurant que ta sœur a choisi, comme d’habitude. Dès qu’Elliot te voit, il se lève d’un bond et court avant de te prendre dans ses bras et de te faire tourner autour de lui. « Elliot, calme-toi. » Evelyne lui offre des gros yeux et tu éclates de rire en unissons avec ton frère. Il te repose sur le sol et tu te tournes vers ta sœur et l’air toujours aussi sérieux qu’elle affiche. « Souris Ève, c’est ta fête. » « T’es en retard. » « Comme toujours, t’as d’autres nouvelles? » Elle finit par sourire un peu, et tu te dis que c’est peut-être pas si apparent autour de ton œil, car tu t’attendais vraiment à ce que ce soit la première chose qu’on te dise en arrivant. Tu prends place à côté de ton frère, fourre ton nez dans le menu. « Fais longtemps qu’on t’a pas vu Max, tout va bien? » Tu lèves légèrement les yeux vers ta sœur qui t’offre un sourire qui se fait compatissant on dirait. Comme si elle arrivait à deviner que quelque chose cloche à la simple façon que tu as d’agir, ce qui ne serait pas si surprenant la connaissant. « Ça va. Todd est toujours un peu à terre de ne plus pouvoir boxer, tu sais? Il se cherche et c’est normal… » Tu offres un petit sourire à ta sœur, mais tu rebaisses les yeux presque aussitôt dans le menu. Ton comportement te trahit, tu le sais trop bien, mais tu ne sais pas comment agir pour ne rien laisser paraître. Devant eux, c’est comme si tu étais sans défense en permanence. Ils lisent en toi comme si tu étais un livre ouvert, ils te comprennent mieux que tu te comprends toi-même souvent. « T’es certaine que ça va Max? On dirait que t’es blessée. Que quelqu’un t’a fait mal. » C’est au tour d’Elliot d’en rajouter un peu et étonnamment, c’est lui qui amène le sujet le premier sur ton œil au beurre noir. Sauf qu’il ne se contente pas seulement d’en parler alors qu’il pèse durement en dessous de ton œil, un endroit qui est encore sensible. « Aïe, qu’est-ce qui te prends espèce d’imbécile? » « Qu’est-ce qui s’est passé? » Tu roules des yeux, dépose ton regard sur tes mains qui s’agitent nerveusement sur tes cuisses. « Rien du tout, c’tait un accident. » Du coin l’œil, tu peux voir l’air découragé de ton frère et la panique dans les yeux de ta sœur. Tu sais qu’automatiquement, ils vont s’imaginer le pire, et tu n’as pas tort lorsque tu entends la prochaine question de ta sœur. « Est-ce que tu prends ta médication? » Tu te lèves, légèrement énervée de cette conversation que tu ne voulais pas avoir avec eux. « Oui, je prends ma médication et ce depuis huit et sans exception alors bordel de merde, arrêtez de me poser cette question chaque fois qu’il se passe quelque chose dans ma vie! J’suis pas immunisée contre les accidents parce que j’suis bipolaire, ok? » T’as parlé fort, peut-être un peu trop fort. Tu renifles bruyamment, t’as pas envie de pleurer. C’est au tour d’Elliot de regarder le sol, un peu honteux, alors que ta sœur t’offre un sourire désolé. « T’as raison, c’est vrai. Tu veux bien t’asseoir qu’on puisse passer un bon moment les trois ensemble? » Evelyne, toujours la plus raisonnable des trois, la plus mature, la plus concentrée. Ton cœur bat à la chamade contre ta cage thoracique, mais tu prends une grande respiration pour te calmer avant de finalement te rasseoir à côté de ton frère. Tu t’en veux de ne pas leur avoir dit la vérité sur ton œil, mais tu as trop peur de leur réaction. Ils ne comprendraient pas. Ils ne pourraient pas comprendre que Todd, il t’aime, malgré tout. Que c’était une fois, une erreur. Mais toi, ce que tu ne comprends pas, c’est ce que c’est le début de la fin, de ta fin. Que la porte qui mène aux enfers est sur le point de s’ouvrir et que tu t’enfonces dedans les yeux fermés, prête à subir. Tu ne réalises pas encore que ce souper, c’est l’un des derniers moments joyeux que tu vas passer avec Evelyne et Elliot avant que tout ne dérape à nouveau. Alors tu profites, innocemment, sans être consciente de la suite. Si seulement tu savais, tu profiterais encore plus…

― i see fire, blood in the breeze ―

If this is to end in fire, Then we should all burn together. Watch the flames climb high into the night. Calling out father oh; Stand by and we will, Watch the flames burn auburn on The mountain side high.

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Hans, il est revenu dans ta vie sans que tu t'y attendes vraiment. Même si au début, ça te faisait bizarre, de le croiser à nouveau, connaissant votre histoire. Mais au fur et à mesure, tu t'étais réhabituée à sa présence dans ta vie, au petit bonheur que c'était vraiment de l'avoir dans ton quotidien. Hans, contre toute-attente, c'était le meilleur ami de Todd. Alors, invraisemblablement, vos chemins avaient été amené à se croiser à nouveau. Tu avais hésité la première fois que Todd te l'avait présenté, à prétendre de ne pas le connaître ou plutôt d'être honnête à ce sujet et de faire savoir à ton amoureux qu'au final, le jeune Leewis-Cohen et toi, c'était une vieille histoire. Contre toute-attente, il t'avait semblé plus naturel de faire comme si de rien était, faire comme si cette rencontre était le commencement de quelque chose de nouveau, plutôt que de se baser sur une vieille histoire d'il y a quelques années déjà. Ça n'enlevait pas ce que Hans avait été pour toi, le bien qu'il avait pu être pour la petite gamine de dix-huit ans qui se cherchait, celle qui ne savait plus vraiment comment être heureuse, celle qui se demandait comment on fait pour vivre, simplement. Quelque chose qu'en un an, le jeune homme t'avait montré. Quelque chose qui tu essayais de garder avec toi depuis ce temps, parce que tu avais l'impression que ça faisait de toi une meilleure personne. Hans avait fait de toi une meilleure personne, tout simplement. Quand Todd était pas avec vous, c'était plus simple pour toi de parler avec le jeune homme. Vous ne parliez pas de votre ancienne relation, non, ça semblait presque tabou comme sujet, quelque chose dont vous aviez tous les deux décider d'ignorer l'existence en la présence de l'autre. Mais sans Todd, c'était plus facile pour toi de te souvenir pourquoi Hans était devenu ton ami en première place. Cette gentillesse, cette douceur qui sortait de ce jeune homme, cette oreille attentive que le différenciait de tellement d'autres personnes dans ton entourage. Parfois, tu te tournes vers lui quand les temps sont plus difficiles, comme en ce moment. Parce que tu sais qu'Hans, il t'écoute, mais il ne te juge pas. Parce que tu sais qu'Hans, comme toujours, il te comprend. Du moins, c'est ce que tu espères, c'est avec cette pensée que tu l'approches la majorité du temps. T'as le coeur plutôt lourd en ce moment, avec tout ce qui se passe avec Todd. Tu ne sais plus vraiment où donner de la tête. Alors tu endures, tu fais comme tu peux, tu joues la fille patiente alors qu'au fond de toi, il y a cette petite haine, cette petite rage qui commence à monter. Mais Todd, tu l'aimes. Et il t'aime. Et vous avez affronter tellement de choses déjà, t'as pas envie de le perdre. Pas maintenant, pas comme ça. Mais quelque chose cloche, quelque chose manque, quelque chose n'est plus. Tu ne sais pas, tu ne comprends plus. Alors tu parles, trop. Tu tentes de te convaincre que c'est dans ta tête. T'as besoin qu'Hans te le dises que tu dérailles. Mais si tu n'avais pas tort? S'il y avait vraiment quelque chose qui n'allait pas, qui n'allait plus?

Hans est drôlement silencieux, la tête toujours dans son café alors que tu ne sembles pas capable d'arrêter de parler. « J'sais que les choses sont plus comme avant, mais Todd et moi, on va s'en sortir. J'sais qu'il m'aime. » Tu ne sais pas si tu le dis vraiment pour le jeune homme face à toi ou si tu parles plutôt pour te convaincre toi-même, mais l'effet est le même, il n'y a plus autant de résultat qu'espérer. Tu prends une gorgée de ton verre quand tu vois finalement les lèvres d'Hans bouger un peu. Tu n'entends pas bien ce qu'il dit, mais tu crois en comprendre un léger « Tu parles.. » qui est plus murmurer pour lui-même que pour toi, mais ça t'intrigue. Déjà qu'il ne semble pas très enthousiasme face à cette conversation, tu cherches à comprendre ce qui se passe. « Qu'est-ce que tu viens de dire? » Tu essayes vraiment de ne pas être trop bête, de ne pas être trop sec, mais il y a une alarme qui cloche dans ta tête et tu t'imagines déjà le pire. T'as un nœud dans le fond du ventre, t'as tellement besoin d'être rassurée, et faut bien l'avouer, Hans ne fait pas très bien son boulot en ce moment. « Rien, rien. Rien, j'te jure. » Il a ce petit sourire sur le coin des lèvres, un petit malaise qui traverse son visage. Tu sais qu'il n'y a pas rien. Avec toutes ces années qui sont passées, tu le connais tout de même un peu, ce Hans.  « Arrête Hans, je sais quand tu mens. » En rire, il faut que tu en ries. Sinon tu vas te mettre à pleurer. Bordel de merde. Ris un peu Max, étire tes lèvres, fais quelque chose. Pas de panique. Y'a pas de problème, pas encore du moins. « Tu m'caches quelque chose. » Son regard s'enfuit de nouveau dans son café et tu détestes le simple fait qu'il ne puisse pas te regarder directement en face. Tu paniques, ton coeur s'affole dans ta cage thoracique, tu te sens tellement mal soudainement. T'as besoin qu'il parle, mais tu veux pas entendre, tu veux pas savoir. « Non, mais non. » « Regarde-moi dans les yeux et dis-moi qu'il y a rien. » Ta voix est directe, sèche, rude même. Tu trembles. T'es complètement en train de déraper, de dérailler. Il y a cette petite voix dans ta tête qui te crit la vérité, de voir les choses telles quelles sont. Mais tu veux pas aller là, tu ne peux pas aller là. Ça fait trop mal. « Qu'est-ce que tu sais Hans? » Parce que oui, il y a quelque chose évidemment. Depuis que Todd t'a frappé, il y a quelque chose qui s'est brisé, malgré tout. Même si tu dis que tu l'aimes et qu'il te le murmure aussi, parfois. Plus aussi souvent par contre. Et parfois, il te dit pas où il était. Et il entre tard. Et les points s'accumulent dans ton esprit, pleins de choses que tu ne voulais pas voir mais qui sont là, malgré tout. « … Y'a quelqu'un d'autre? » Ta voix se brise sur le dernier mot, tu peux pas croire que tu poses vraiment cette question à voix haute. Hans te regarde, mais il n'est pas capable de répondre négativement à ta question, tu le vois dans ses yeux. Les larmes y sont montées et il t'est difficile de le regarder à ton tour. « Je.. S'te plaît.. Max.. » T'as les larmes aux yeux toi aussi, comme deux gros imbéciles au milieu du café qui sont sur le point de fondre en larmes. Sangloter jusqu’à ce qu'il n'y ait plus la moindre goutte d'eau dans ton système. Mais tu effaces rageusement les larmes sur tes joues. T'en as marre d'être faible, tu l'as été trop longtemps, trop souvent. « Max.. Je peux pas.. Me regarde pas comme ça putain. » Tu te mords l'intérieur de la joue, encore et toujours. Pour t'empêcher de virer folle, pour t'empêcher de faire une connerie, pour t'empêcher de dire ou de faire des choses que tu regretterais nécessairement demain. T'as besoin que Hans te le confirme, qu'il te dise en mot ce que son corps te cri depuis tout à l'heure. T'as besoin de l'entendre, une bonne fois pour toute. « J'te jure que j'savais pas…  Je l'ai vu l'autre fois... J'suis désolé. Je savais pas… » Et voilà. Il n'y a plus de chance de retourner en arrière, de ne plus avoir cette conversation, c'est trop tard. T'es immobile, complètement immobile. Mais tout se passe à l'intérieur de toi.Tu exploses. Tu dérailles. Tu déconnes. Ta respiration est fébrile, ton coeur te fait mal, à frapper si fort contre ta poitrine. Tout ce que tu connais, tout ce que tu sais, détruit. Des morceaux sur le sol. « … Tu plaisantes? » Tes yeux sont grands, ta bouche tordue dans une sorte de sourire débile. T'as perdu la tête, tout simplement. « C'est une PUTAIN DE BLAGUE HANS? » Tu cris, dans le milieu du café, mais tu t'en fiches. Ils peuvent bien te regarder tout le monde, t'en as rien à foutre de faire une scène dans un lieu publique, t'as déjà fait pire et ça risque bien d'arriver à nouveau. « Ça fait combien de temps que tu le sais? » C'est tout ce qui t'importe. Combien de temps. Combien de temps il a pu garder ce putain de secret alors que tu agissais comme une conne derrière, à prétendre que tout va bien. Combien de temps que tu restes avec un gros salaud, que tu lui pardonnes les pires conneries, simplement pour te faire jouer dans le dos ainsi. Hans, il est tellement mal, mais tu t'en fiches. T'es égoïste. T'es la putain de victime dans ce scénario à la con. « Trois jours. Trois jours Max, S'te plait.. Arrête.. J'suis tellement désolé, j'savais pas.. » T'as juste envie de lui crier de se la fermer, d'arrêter de s'excuser, que ça change plus rien désormais. Mais tu te contentes de te lever, ton regard posé sur le jeune homme, froidement. « J'en reviens pas Hans. J'EN REVIENS FUCKING PAS. » Et sans dire un mot de plus, tu renverses la table, tu fais tout tomber dans un vacarme incroyable, avant de sortir rapidement du café. T'as envie de tout détruire sur ton passage, mais tu n'en fais rien. Tes pas t'emmènent où tu as besoin d'être. Chez toi. À lui péter la gueule, ce connard dont tu es amoureuse. Tu ne sais plus rien, tu ne comprends plus rien. Ta vie, ton quotidien, ta petite bulle, tout ça, c'est que des conneries. T'es débile Max, complètement débile.


+ + +


Il n'y a pas une longue distance entre le café et ton appartement, mais ça te semble interminable comme route. Dans ta tête, tu te fais une sorte de récapitulation. Tu te vois encore, quatre ans plus tôt, lorsque tu travaillais comme simple serveuse. Ta rencontre avec Todd, ce mec arrogant, ce beau parleur, ce sacré charmeur. Votre premier rendez-vous, où il avait gagné ton affection en te faisant rire, encore et encore. Et puis tu l'avais revu, encore et encore. Le premier baiser, sur le bord de ta porte, exactement comme dans les films. Un baiser qui a du mordant, qui fait du bien, un qui donne de le faire encore, de faire plus. Tu te souviens encore de la gêne que tu avais eu de lui proposer de venir vivre avec toi, chez toi, après seulement quelques mois, parce que de toute manière, il passait la plus grande partie de son temps sous ton toit. T'avais été folle de joie lorsqu'il avait accepté, le plus naturellement du monde. Tu te souviens encore des premiers cris, des premières grosses chicanes. Et à ce moment, tu savais qu'il n'y aurait jamais rien de routinier ou de plate dans ta relation avec le jeune homme. Parce que vous aviez tous les deux des caractères qui faisaient des étincelles, des caractères qui rentrent dedans, qui font du bruit. Mais aussi, parce que vous sembliez faits l'un pour l'autre. C'est ce que tu croyais, c'est ce que tu avais cru, naïvement, pendant quatre ans. Que tu ne pourrais jamais aimer personne comme tu aimais Todd. Que tu ne pourrais pas faire l'amour à quelqu'un d'autre comme tu le faisais avec Todd. Si chaud, si passionné, si essentiel. Et tu avais cru que personne ne pourrait prendre sa place dans ta vie, que malgré les hauts et les bas, il n'y aurait que lui. À la vie, à la mort. Tant de débilités. Tant de conneries. Que des mots qui veulent rien dire, que des promesses qu'on se plaît à briser un peu plus chaque jour. Quand tu penses à Todd désormais, tu l'imagines avec une autre. Dans d'autres draps, à se complaire au goût de la chair, la saveur d'une autre, un parfum différent du tien. Ça t'écoeure, terriblement. Ta cadence s’accélère, tu vois ton bloc appartement au coin de la rue. Tu commences à courir. Y'a l'auto de Todd en face, tu sais qu'il est là. T'as envie de crier, t'as envie de briser ses vitres, d'égratigner son auto à coup de clés, mais tu te retiens. Du moins, pour quelques minutes encore. Tu entres dans le bloc, montre les escaliers en quatrième vitesse, Et puis une fois devant la porte, t'as un moment d'hésitation. T'es pas certaine d'avoir le coeur de brisé tout ce qui avait bâti comme ça, si rapidement.

Mais tu te souviens. Tu te souviens que c'est lui, qui a tout gâché, qui a tout brisé. Et que ton coeur, il n'est plus qu'un ramassis de poussière qui traîne quelque part à travers les morceaux de vitres sur le sol du café où tu étais il n'y a même pas dix minutes. Alors tu ouvres la porte comme une folle, pour apercevoir Todd assit sur le canapé, face à la télévision. Mais il remarque tout de suite ton état alors il se lève, s'approche de toi. « Qu'est-ce qu'y a? » Tu ne dis rien, mais dès qu'il est assez près de toi, tu lui fous une de ses gifles qu'il a plus que ta main d'étampée dans le visage. Ta main chauffe tellement ça a claqué, mais tu t'en fiches carrément. Tu pourrais recommencer cent fois que tu ne penserais pas qu'il ait eu assez mal. « Mais qu'est-ce qui te prend? » Tu commences à rire, d'un rire sadique, d'un rire un peu fou, comme si tu avais légèrement perdue la tête, ce qui est peut-être le cas en fait. « Fais pas l'innocent Todd, Hans m'a tout dit. » Tu ne restes pas devant lui plus longtemps, tu te diriges vers la chambre à coucher et sans plus attendre, tu attrapes toutes les choses que tu sais sont à Todd et tu commences à les lancer en dehors de la pièce. Linges, livres, effets personnels de toute sorte. Tu ne veux plus rien voir, du tout. « Mais arrête Max, de quoi tu parles? » « Mais arrête de jouer la comédie putain de salaud! Je sais qu'il y a quelqu'un d'autre. Je sais que tu m'as trompé, ok? Hans m'a tout dit! » Tu parles tellement fort, tu continues de lancer les affaires. Volontairement sur le jeune Buckley, qui commence lui aussi à s'emporter, tranquillement pas vite « C'est pas ce que tu crois, Max, arrête, bordel! » « DÉGAGE DE MA VUE BUCKLEY, OK? DÉGAGE ET REMET JAMAIS LES PIEDS ICI. » Il ne semble pas comprendre, incapable d'analyser la situation, de la même façon que tu étais juste quelques instants plutôt avec Hans. Hans, juste à penser à lui, t'as envie de t'énerver encore plus. T'arrives pas à croire qu'il ne t'ait rien dit avant, qu'il t'ait laissé pendant trois jours, continuer comme si de rien était. Toi qui le considérait comme un véritable ami, tu te rends bien compte qu'en ce bas monde, on ne peut compter sur personne. « QU'EST-CE QUE TU COMPRENDS PAS DANS DÉGAGE? ESPÈCE DE FUCKING TROU DE CUL! » Et soudainement, Todd, il se réveille. Et il est en colère, lui aussi. « FERME-LÀ, JUSTE FERME-LÀ. » Tu éclates de rire, tu lui jettes en autre livre en arrière de la tête, tu ne t'arrêtes plus, tu veux que tout disparaisse sous tes yeux, particulièrement lui. Il tourne en rond, il cherche même pas à s'excuser, probablement parce qu'il sait qu'il ne peut pas rien faire, qu'il ne peut pas rien dire. Espèce d'enfoiré. « Je vais le tuer, putain, J'TE JURE JE LE TUE. » « DÉGAGE! » Tu ne portes pas attention à ses paroles particulièrement, tu veux juste qu'il parte. Qu'il te laisse en paix. Tu veux oublier, tout détruire sur ton passage, foutre la merde. Il se dirige enfin vers la porte, et t'as même pas le courage de courir après lui. Quand la porte se referme derrière lui, tu commences à pleurer, à crier. Tu continues  de lancer les choses dans le milieu du salon jusqu'à ce qu'il n'ait plus rien à lui ailleurs. Et lorsque le tout est dans le salon, tu sors sur le balcon pour tout mettre dans la rue. Et puis tu te refais la conversation dans ta tête, jusqu'aux menaces de mort. Et il y a une petite lumière dans ta tête qui se fait, que peut-être, ce n'était pas que des paroles en l'air. Et fuck, tu peux pas avoir la mort de Hans sur ta conscience. Alors tu sors, en trompe de l'appartement. Tu cours, jusque chez Hans. La porte est ouverte et la vue que tu as est effrayante. Hans contre le mur, Todd qui le tient par la gorge. Putain de merde. Tu sais pas quoi faire, alors tu attrapes la lampe, premier objet dans ton champ de vision et tu assommes Todd avec, tellement violemment qu'il tombe automatiquement sur le sol. Hans, il est drôlement amoché, mais tu t'en fiches, il respire encore. Il te regarde, l'air de vouloir dire quelque chose, mais t'as pas envie de lui parler. « Dégage Hans. Dégage. » Tu craches ton venin une fois de plus, tant pis pour tout le monde. Alors il sort, de son propre appartement et la seule chose que tu fais, c'est d'appeler la police. Parce que Todd ne devrait pas s'en sortir si facilement. Tu expliques la situation brièvement et comme Hans, tu pars. Tu laisses tout derrière. Le reste, t'en as rien à foutre. Tu veux simplement oublier. La haine et la rage qui te consument en ce moment. Tu rentres chez toi, barre la porte, et t'effondre sur le sol. Plus tard, on trouvera du sang sur ton tapis, mais rien de bien inquiétant. Seulement quelque chose pour changer le mal de place.

― i see fire, blood in the breeze ―

If this is to end in fire, Then we should all burn together. Watch the flames climb high into the night. Calling out father oh; Stand by and we will, Watch the flames burn auburn on The mountain side high.

○○○


Sur la table de ton salon, on retrouve plusieurs choses. Premièrement, il y a un journal. Celui en date d'aujourd'hui. Qui dit qu'il y a une autre session de celui qu'on appelle le tueur du Puzzle et que neuf corps ont été retrouvé. T'as lu l'article, par curiosité de base. Curiosité envers la cruauté humaine. Ensuite, parce que tu y as vu ton nom de famille. Kerri Jacobson. Son nom était dans la liste des corps retrouvés. Ta sœur, ta grande sœur. L'une d'entre elles du moins. Tu ne savais même pas qu'elle avait disparu, encore moins que son corps avait été retrouvé récemment. Tu ne savais rien, rien du tout. Tu l'apprends, simplement parce que t'as lu le journal, comme une conne. Tu en veux à Evelyne et Elliot de ne t'avoir rien dit pendant quelques secondes, jusqu'à ce que tu te souviennes que finalement, tu ne leur parle plus vraiment, à ta sœur et à ton frère. T'as une pensée pour Noah, mais son simple nom te donne envie de crier, alors tu le sors de ta tête, lui qui ne t'a pas averti non plus. Et puis fuck, tu penses à tes parents. Tes parents à qui tu n'as pas parlé depuis au moins deux ans, tes parents qui ne manquent même pas à ta vie. Et puis sur ta table de salon, on retrouve des seringues, certaines usées, certaines neuves.On retrouve quelques sachets de poudre aussi, et puis ta bouteille de médication pour ta maladie. Tu as la même depuis trois mois, bouteille qui ne durent normalement qu'un seul mois. Faut l'avouer, tu déconnes un peu en ce moment avec tes pilules, mais tu t'en fiches complètement. Y'a plus personne pour te casser les oreilles avec ça désormais. Après ce qui s'est passé avec Todd et Hans, t'as péter un câble, si on veut. Et depuis ce temps, tu dégénères, jour après jour. Ça a commencé avec ta médication, t'as recommencé les crises plus fréquemment, ce qui n'a nécessairement pas plus à Evelyne et Elliot, qui se sont éloignés de toi suite à cela, assez rapidement. Y'a Noah qui était toujours sur ton dos, mais ça te faisait chier, alors tu l'ignorais. Suite à ça, t'as commencer à mélanger les trucs, tes médocs avec des drogues de rue, et puis au fil du temps, des trucs plus forts. Tu dérailles tellement dans ce temps-là, mais tu ne t'en rends même plus compte. Tu as recommencé à te faire mal, volontairement. Parce que ça fait du bien, de ressentir la douleur physiquement plutôt que juste celle qu'il y a dans ta tête. Et puis tu bois le soir, pour mieux dormir. De la bière, du fort, des mélanges parfois. La dernière fois que tu as parlé à ton aîné, il a voulu te forcer à entrer en désintoxication, comme si tu avais vraiment besoin de changer quelque chose dans ta manière de vivre. Tu l'as envoyé chier, une fois de plus, et tu crois que c'est à ce moment qu'il a abandonné l'idée de te sauver. Parce que tu ne veux pas être sauver, plus jamais en fait. Mais aujourd'hui, t'as appris dans le journal que ta sœur était morte. Une sœur que tu n'aimais pas, que tu n'avais jamais vraiment aimé, mais une sœur quand même. Et tu ne sais pas comment tu te sens face à ça, pas vraiment. Tu te demandes ce qui est arrivé avec toi, pourquoi tu agis comme tu le fais. Mais ton premier réflexe, c'est de prendre un petit sac de poudre, et de l'étendre en une ligne droite sur le journal, exactement sur l'article qui parle de ta sœur. Tu approches ton nez du papier, et tu renifles. Et tu te sens un peu après ça. Et tu oublies. Tu ne fais que ça maintenant, oublier le bordel de ta vie. T'entends encore la voix de Kerri dans ta tête, elle qui n'avait que des commentaires négatifs à te faire. Elle n'avait peut-être pas tort finalement. T'es qu'une bonne à rien Maxime, une demeurée. Tu vas finir dans un fossé ou junkie. Espèce de folle.

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